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France

AITV victime de l’évolution des objectifs de France TV

L'AITV, l'Agence internationale d’images de télévisions, l'un des symboles du premier sommet de la Francophonie, devrait s'arrêter fin novembre.
L'AITV, l'Agence internationale d’images de télévisions, l'un des symboles du premier sommet de la Francophonie, devrait s'arrêter fin novembre. France Televisions
Texte par : Léa Ticlette
3 min

L'Agence internationale d’images de télévision (AITV) s'est éteinte dimanche 7 décembre au soir, faute de financements publics et non faute de débouchés. Elle fournissait des images et des journaux à des chaînes de télévisions internationales, comme TV5 monde ou France 24, avec un focus spécifique sur l'Afrique.

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Des coupes budgétaires, un rôle considéré comme secondaire, une autorité de tutelle qui pousse au délestage, autant de raisons qui font qu’aujourd’hui, l’Agence internationale d’images de télévision n’est plus. C’est du moins comme ça que l’explique Thierry Thuillier, directeur de l’information à France Télévisions. Les subventions de l’Etat, notamment du ministère des Affaire étrangères, étaient passées d’un million il y a quelques années à quelques centaines de milliers d’euros. Des revenus insuffisants pour entretenir une rédaction de 28 journalistes qui employait une trentaine de correspondants.

Le rôle de la rédaction auprès du public africain est une autre des raisons de sa fermeture. Depuis 28 ans, la mission de l’AITV n’était pas seulement de fournir des images, des reportages et même des journaux à diverses chaînes comme France 24, TV5 ou encore France O, mais aussi de coopérer avec des rédactions locales au développement des médias africains.

« Nous étions censés transférer grâce à l’AITV à la fois un savoir-faire aux télévisions africaines, et les aider en fabriquant un certain nombre de sujets. Et cette mission-là, nous avons considéré, dans le cadre des économies budgétaires qui nous sont demandées, qu’elle n’était pas prioritaire. Nous sommes France Télévisions, nous avons un public français. En France, nous traitons de l’actualité africaine, mais notre priorité reste le territoire français », justifie Thierry Thuillier. Pourtant, pour ce connaisseur de l’Afrique, réduire les missions que France Télévisions prend à sa charge ne signifie pas nécessairement ni désintérêt, ni abandon.

Développer le web

Pour le directeur de l’information de France Télévisions, le marché africain de l’information a changé ces dernières années. Si la télévision publique française se retire de ce marché africain, elle y laisse un développement florissant : les chaînes africaines se développent, des agences de presse comme Reuters ou Associated Press montent en puissance sur le continent. L’AFP développe même sur place un nouveau fil vidéo.

De son côté, France Télévisions se concentre donc maintenant sur les médias en ligne. Le but est d’intégrer, notamment dans les rédactions multimédias, les journalistes de l’Agence internationale d’images de télévision qui ne souhaitent pas quitter le giron de France TV. Les syndicats des journalistes, de leur côté, dénoncent tout de même un message très négatif envoyé à l’international, notamment de la part du ministère des Affaires étrangères, qui a réduit ses subventions. Mais après un an et demi de lutte, manifestations et lettres envoyées aux pouvoirs publics, ils se sont résolus à mettre la clé sous la porte le dimanche 7 décembre.

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