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France / Economie

Le budget des Français revu à la baisse pour Noël

Les Français conservent un budget important pour les cadeaux des enfants, selon Franck Lehuédé, chef de projet au département de consommation du Crédoc.
Les Français conservent un budget important pour les cadeaux des enfants, selon Franck Lehuédé, chef de projet au département de consommation du Crédoc. ALAIN JOCARD / AFP

65 milliards d’euros, c’est le chiffre de l’économie de Noël en France, si l’on compte les achats de cadeaux, les repas de fêtes et les illuminations. Crise oblige, ce budget, pour la deuxième année consécutive, est revu à la baisse.Alors comment se caractérise cette tendance à dépenser moins. Franck Lehuédé, chef de projet au département de consommation du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) répond aux questions de RFI. 

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RFI : La baisse est d’environ 4,5% par rapport à l’an dernier, quels sont les postes sur lesquels les Français revoient leur budget ou font carrément l’impasse ?

Franck Lehuédé : Le poste le plus important sur lequel les Français revoient leur budget se sont les sorties et les loisirs. On a cherché à préserver plutôt la nourriture et les cadeaux mais tout ce qui est vu comme plus superflu, peut-être aussi un peu plus cher, est revu fortement à la baisse. On est sur moins 15, moins 20% de baisse par rapport à l’an dernier.

Sur le poste alimentaire, on se permet également moins d’excès quand même...

L’alimentaire est souvent préservé en période de crise parce que c’est le poste sur lequel on peut continuer à se faire plaisir à moindre frais. C’est plutôt un poste qui va être préservé cette année.

Alors jeunes, personnes âgées, hommes, femmes, est-ce que tout le monde est touché de la même manière par ce Noël de crise ?

Vous avez des gens qui vont être plus touchés que les autres. Des personnes qui ont connu du chômage cette année ou qui arrivent en fin de droits. Les populations les plus fragiles, les plus modestes, ce sont celles qui sont le plus touchées par la crise et qui obligatoirement vont avoir plus de difficultés à dépenser pour Noël.

Pour pallier la crise, est-ce que les Français font également évoluer leurs habitudes en décalant leurs achats ou en préférant attendre les soldes du mois de janvier ?

Cette année on a vu, contrairement aux années précédentes de crises, plutôt un petit côté attentiste chez les Français. Au lieu de planifier leurs achats sur fin octobre-novembre et ensuite avoir moins de dépenses à réaliser en décembre, on a eu le sentiment que les Français rechignaient à sortir de l’argent de leur porte-monnaie pour dépenser. Du coup ils ont attendu les derniers moments. D’où les rushes que l’on a connu sur ce dernier week-end. On n’est pas certain qu’il y ait beaucoup d’achats qui se fassent après Noël, comme on l’avait vu se mettre en place avec des gens qui disaient : « On va profiter des promos, des réductions notamment sur les chocolats ou les jouets après Noël ». On veut quand même, notamment pour les dépenses des enfants, leur faire plaisir au moment symbolique du jour de Noël. Il est donc nécessaire d’avoir acheté avant, mais on a cherché à acheter plus tard pour préserver au maximum son budget.

Cela veut dire que même avec la crise, la famille reste une valeur refuge, on continue de la privilégier au détriment des amis ?

Là où les dépenses de cadeaux ont diminué, c’est clairement vers les amis, vers les gens les plus éloignés. Par contre pour les enfants, on a conservé un budget important ; pour ses proches, son conjoint, ses parents, on a aussi conservé un cadeau. On est vraiment sur des dépenses qui sont recentrées très fortement cette année sur le noyau familial le plus restreint.

518 euros en moyenne par ménage, le budget de Noël, un chiffre en baisse mais malgré tout supérieure à la moyenne européenne. Comment l’expliquez-vous ?

Et même largement supérieure à la moyenne européenne. En France, la valeur familiale est une valeur importante, avec des moments symboliques où on oublie la crise, le marasme, la morosité ambiante. C’est important et Noël fait parti de ces moments-là. On affirme la solidarité, le plaisir que l’on a à être ensemble. L’esprit de Noël a vraiment un sens fort en France, plus que dans d’autres pays.

Ce qui n’est pas le cas chez nos voisins européens qui pourtant sont frappés pour certains beaucoup plus par la crise ?

Il faut voir que le niveau de développement économique des différents pays européens entre l’Europe occidentale et l’Europe de l’est n’est pas le même. Il faut comparer ce qui est comparable. Il faut rester sur les pays occidentaux. En effet, la France a tendance à dépenser plus que les autres pays. Il me semble qu’en France, avoir des moments où on communie ensemble, au sein de valeurs familiales, au sein de valeurs d’échanges, de partage est quelque chose d’assez important.

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