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France

France: 2014, l’année Le Pen

Marine Le Pen, présidente du Front national.
Marine Le Pen, présidente du Front national. REUTERS/Philippe Wojazer
3 mn

Marine Le Pen fêtant la victoire du Front national à l’Elysée Lounge, un bar situé non loin du palais de l’Elysée : ce 25 mai 2014 fera date dans l’histoire politique française. Pour la première fois, la formation d’extrême droite qu’elle dirige était arrivée en tête d’un scrutin national avec près de 25% des voix. Un véritable électrochoc ! Retour sur cette année électorale qui aura vu le FN enchaîner les succès.

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Première victoire, le 23 mars. Coup de tonnerre en cette soirée d’élections municipales 2014. Steeve Briois remporte la mairie d’Hénin-Beaumont dès le premier tour ! Onze communes glanées, plus de 1 500 conseillers municipaux élus, le Front national bat à l’occasion de ces élections son record de 1995.

Décidément, cette année 2014 est celle des premières pour la formation d’extrême droite. Deux mois plus tard, le FN arrive en tête d’un scrutin national, celui des européennes, avec près de 25% des voix. Au siège du parti ce 25 mai, Marine Le Pen exulte : « Le peuple souverain a clamé qu’il voulait reprendre en main les rennes de son destin. (…) Notre peuple exige une seule politique : la politique des Français, pour les Français, avec les Français. »

Quand le FN entre au Sénat

Le troisième succès électoral du Front national est plus symbolique. Pour la première fois, le parti fait son entrée à la Haute Assemblée. David Rachline et Stéphane Ravier sont élus sénateurs fin septembre. Les idées du FN progressent. Signe qui ne trompe pas : le livre du très controversé Eric Zemmour, Le Suicide français, se vend à plus de 400 000 exemplaires et devient un best-seller.

Ce qui fait dire, fin novembre, à Marine Le Pen : « Nos idées ont envahi le débat public, nos propositions sont au centre des discussions politiques, notre dynamisme est dans toutes les conversations, les stratégies de nos adversaires se déterminent en fonction de nos poussées électorales successives. A tel point qu’il ne fait plus aucun doute pour personne que nous serons au second tour de l’élection présidentielle de 2017. »

Une progression aux multiples facteurs

Comment alors expliquer cette progression du FN et de ses idées en 2014 ? Plusieurs raisons à cela. Eric Woerth, l’ancien ministre UMP, en liste deux : « 2014 a été une année catastrophique pour la France sur le plan économique et social, donc il prospère évidemment là-dessus. Mais l’UMP aussi a traversé des crises tout à fait considérables, donc c’est un terreau qui était absolument inespéré pour le Front national. »

Autre raison avancée par Christophe Borgel, le sentiment de perte d'identité chez nombre d'électeurs. « Quand on a peur de l’avenir, on peut être tenté par ce repli identitaire », explique ce député socialiste, pour qui la crise économique n’explique pas tout. « Ne commettons pas l’erreur, dit-il, de résumer la progression de ces mouvements à une seule explication qui serait celle de la crise économique. »

Les ressorts du vote frontiste évolue

Les élus de la majorité peuvent être inquiets. D’autant plus que la nature du vote FN est sans doute en train de changer. Ce n’est plus seulement un vote de protestation. C’est du moins ce que semblent montrer les résultats électoraux de ces derniers mois. Explications du chercheur Joël Gombin, spécialiste du vote FN : « Chaque fois que le Front national est dans une situation favorable, soit pour l’emporter, soit pour parvenir au second tour, la mobilisation de son potentiel électoral augmente. On l’a vu très clairement aux municipales. »

Et d'en tirer cette conclusion : « Je pense aujourd’hui qu’il y a dans l’électorat potentiel du Front national une part importante qui souhaite la victoire de ses candidats et qu’on n’est pas simplement, comme on l’a longtemps dit, dans la volonté d’envoyer un message aux partis établis. » Autrement dit, de plus en plus d’électeurs sont acquis aux idées frontistes... Du coup, la formation d’extrême droite pourrait continuer d'engranger les succès en 2015. Le FN semble ainsi bien placé pour remporter une ou deux régions en décembre prochain. Il lui sera, en revanche, plus compliqué de gagner un département en raison de la modification du mode de scrutin.

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