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France/Environnement

France: 15 ans après Lothar, la forêt repousse, les cicatrices restent

Séquelles de la tempête Lothar, dans la forêt de Rambervillers (Vosges, est de la France).
Séquelles de la tempête Lothar, dans la forêt de Rambervillers (Vosges, est de la France). Creative commons/Ji-Elle
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Quinze ans après, les tempêtes du siècle en France ont laissé des cicatrices chez les professionnels de la filière bois. Les forêts souffrent également des conséquences de ces vents violents qui les ont dévastées en trois jours.

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Le 26 décembre au matin, la France est balayée par une première tempête, Lothar. Une vague de vents violents d’une moyenne de 100 km/heure, d’Ouest en Est, de la pointe de la Bretagne à l’Allemagne en passant par la Normandie, l’Ile-de-France, la Champagne-Ardenne, la Lorraine, et l’Alsace.

Puis une deuxième tempête, Martin, frappe à nouveau aux mêmes endroits le lendemain et le jour suivant.

Des dégâts considérables.

Le 26 décembre, 57 personnes ont perdu la vie. Au total, pendant ce week-end de Noël, plus de 90 personnes sont mortes. Des pylônes ont été arrachés, des toitures endommagées, et de nombreuses forêts abattues : 6% de la superficie des massifs métropolitains, soit près d’un million d’hectares, pour 100 milliards d’euros de dégâts, selon l’Office national des forêts (ONF).

Quinze ans plus tard, les communes et les professionnels du secteur ont encore des difficultés à se relever. De nombreux sylviculteurs ont perdu, en une journée, le travail de toute une génération. En Meurthe-et-Moselle, 80% des arbres sont tombés, soit 27 années de récoltes. Des scieries ont mis la clé sous la porte, mettant au chômage des centaines de bûcherons.

En Gironde, les vents ont soufflé à 175 km/heure et la région a perdu la moitié de son stock de bois : 18 millions de mètres cube. L’Etat a mis en place des aides permettant de reconstituer 90% des forêts.

Des dizaines d’années pour « réparer » une forêt

Mais il faut des dizaines d’années pour faire repousser une forêt. Cinq années avant de replanter et 25 ans pour obtenir une récolte de bois de qualité. Ce qui veut dire que les professionnels de la filière ne bénéficieront pas directement de cette aide.

D’autant, que dix ans plus tard, toujours en Aquitaine, une autre tempête, Klaus, a arraché 40 millions de mètres cubes d’arbres. Dans le massif des Landes de Gascogne, le premier de France et le troisième d’Europe, qui couvre trois départements (Landes, Gironde, Lot-et-Garonne), environ 32 000 propriétaires commencent tout juste à reboiser une pinède héritée de Napoléon III.

Malgré de nombreuses pertes, les forestiers s’accrochent à leur parcelle de terre. « Les forestiers sont des gens constants et viscéralement attachés à la forêt », assure Christian Pinaudeau, secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest. « Après 1999, seulement 1% des 130 000 hectares détruits ont été revendus, souligne-t-il. Ce ratio n’a pas varié après le passage de Klaus, malgré le coup de blues de forestiers sinistrés. »

Leçons tirées

En tout, le déblaiement et la reconstruction des massifs ont coûté 500 millions d’euros pour la forêt publique. Pour les forêts privées, le montant est plus compliqué à évaluer, car les propriétaires sont très éparpillés.

Certaines leçons ont néanmoins été tirées de ce désastre. Les forestiers sont ainsi mieux organisés. Ils ont entamé un vaste chantier de nettoyage et de reboisement du massif, grâce à un fonds de l’Etat de 480 millions d’euros. Plus de mille propriétaires se sont fédérés en coopératives avec le soutien des élus pour préserver l’économie locale. La filière bois, deuxième employeur de la région, fait vivre près de 35 000 salariés, d’après le conseil général des Landes.

Des mesures ont également été prises pour que les forêts résistent mieux aux prochaines tempêtes. Comme planter les arbres dans le sens du vent, ne pas fragiliser les racines en débroussaillant lorsque le sol est mouillé, ou encore diversifier les essences d’arbres, qui offrent des résistances aux vents différentes.

C’est moins le cas dans les Landes, où les massifs de pins dominent. Mais les pressions de l’industrie du bois font parfois voler en éclat ces bonnes résolutions.

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