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France

Maçon, un métier qui peut rapporter gros (avec un peu de chance)

La dernière trouvaille du maçon normand s'élèverait à 5 000 euros.
La dernière trouvaille du maçon normand s'élèverait à 5 000 euros. Getty Images/Photodisc/Anthony Bradshaw
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’année se termine bien pour un maçon normand qui vient, pour la deuxième fois en trois ans, de trouver un magot dans les fondations d’une maison où il travaillait. Cette profession est d’ailleurs propice aux découvertes heureuses, mais cela ne se termine pas toujours bien.

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Si c’est au pied du mur qu’on voit le maçon - une manière de dire que rien n’est jamais acquis - certains n’ont, semble-t-il, qu’à ratisser pour réunir une petite fortune. C’est du moins le cas de Renaud Bruneau, un maçon normand âgé de 26 ans qui vient, pour la deuxième fois en l’espace de trois ans, de découvrir un petit trésor en effectuant des travaux sur un chantier. Le 15 décembre dernier, alors travaillait sur le site de l'ancienne mairie de Maisoncelles-sur-Ajon (Calvados), lui et son jeune apprenti ont fait une substantielle découverte.

« En nivelant le sol au râteau, mon apprenti a vu une petite pièce », a-t-il confié au quotidien régional Ouest-France. « J'ai regardé vite fait et je lui ai dit ‘laisse tomber, ça doit être 20 centimes de francs’ », a poursuivi Renaud. « Puis on en a vu une deuxième. C'était un Napoléon ! Là je me suis dit : c'est plus important ! ». Avec Quentin, son apprenti, le chanceux maçon allait finalement déterrer 37 pièces d'or au pied du mur de l’ancien édifice de cette commune située à une vingtaine de kilomètres de Caen.

Vive les fêtes

Le butin contenait essentiellement des Napoléon frappés entre 1854 et 1868, mais aussi deux autres plus anciens, ainsi que des pièces belges et une vieille pièce romaine, peut-être enfouies là par un collectionneur étourdi. Selon un commissaire-priseur, la valeur de cette trouvaille serait estimée à 5 000 euros. Pas de quoi changer une vie certes, mais un bien agréable cadeau à la veille des fêtes.

Cette période de fin d’année semble d’ailleurs sourire à Renaud Bruneau, car en 2011, pratiquement jour pour jour, il avait déjà déterré un trésor, beaucoup plus conséquent cette fois-là, enfoui dans une maison près de Caen. Il avait mis la main sur des veilles lettres contenant au total 291 pièces en rouleaux, dont des Louis d’or dans un état exceptionnel. Une fois mis aux enchères, le magot avait rapporté 100 000 euros, somme qu’il s’était partagée avec le propriétaire du terrain, comme le veut la loi.

Plus fructueux encore, ce magot trouvé en mars 2007 à Montrichard (Loir-et-Cher) par un jeune maçon portugais du nom de Paulo Ferreira. Sa trouvaille était encore plus énorme : un pot en grès renfermant 600 pièces de monnaie, soit 5 kg d’espèces sonnantes et trébuchantes, lors de la rénovation d‘une maison classée monument historique datant du XVe siècle. Ne sachant trop que faire de ces « rondelles de fer », il était allé les déposer à la gendarmerie avant qu’une expertise ne transforme son plomb en or.

L’honnêteté du maçon allait être récompensée puisque, quelques mois plus tard, il percevait 300 000 euros après la vente enchères du butin effectuée à Cheverny, soit la moitié de la valeur du trésor qu’il s’est partagé, à part égale avec le propriétaire, comme le stipule l’article 716 du code civil. Il s’agit d’un montant vraiment exceptionnel, avec un écu qui avait trouvé preneur à 10 000 euros pièce. L’arrangement ne fut toutefois pas de tout repos car son employeur avait voulu s’attribuer le magot à son compte, obligeant Paulo à démissionner, à force d’être harcelé.

Ça peut mal finir

Les histoires de trésors trouvés ne se finissent d’ailleurs pas toujours très bien. Il suffit de se pencher sur le cas de ces trois ouvriers qui découvrirent et s’approprièrent un véritable fortune en 2011 dans une maison où ils effectuaient des travaux, à Notre-Dames-de-l'Isle (Eure) : 16 lingots d’or et 600 pièces de 20 dollars-or qu’ils écoulèrent pour une somme totale de 900 000 euros avec le concours d’un numismate de la région. Les trois hommes avaient décidé de dissimuler leur découverte au propriétaire de la maison, mais mal leur en a pris.

Repérés par Tracfin (le service de renseignement du ministère de l’Économie) après des mouvements jugés suspects sur le compte du plus jeune des trois complices, ils ont été traduits en justice au début du mois pour « vol en réunion », le numismate étant lui-même poursuivi pour recel. Le juge a requis entre 24 à 30 mois de prison pour les trois hommes et la confiscation de toutes les sommes et biens saisies : 250 000 euros chez le numismate et 400 000 euros chez les ouvriers. Verdict le 5 février prochain. Moralité : maçon ou pas, si vous trouvez un trésor, mieux vaut vous faire connaître car, dans le cas contraire, vous pouvez tout perdre et même un peu plus.

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