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Gastronomie

Réveillon 2014: le champagne est de nouveau à la fête

Getty Images
Texte par : RFI Suivre
5 min

En légère baisse en France, les ventes de champagne devraient progresser d’environ 3% cette année au niveau mondial et s’approcher du record historique de 2007. Plus que jamais associé au luxe et à la fête, le pétillant nectar fait face à une concurrence étrangère moins chère et de plus en plus nombreuse.

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«  L'ami qui soigne et guérit la folie qui m'accompagne. Et jamais ne m'a trahi. Champagne ! » Nombreux sont ceux à penser comme Jacques Higelin, artiste au cœur léger et à l’âme sombre, qui dédiait ces vers délicieux à la boisson des rois , il y a plus de trente ans. En cette période de fin d’année, plus encore qu’en d’autres occasions, les bulles s’invitent à la fête. Après deux années consécutives de baisse, les ventes de champagne devraient d’ailleurs renouer avec la croissance, grâce à une reprise en Europe et à de bonnes performances au grand export.

Les professionnels du secteur s’attendent en effet cette année à une légère hausse en volume (+1%), aux environs de 308 millions de bouteilles, après un recul de 1,2% en 2013. Le chiffre d'affaires du champagne pourrait quant à lui signer la deuxième meilleure année de son histoire et progresser d'environ 3% à 4,5 milliards d'euros, grâce aux marchés britannique, américain ou australien, s'approchant du record historique de 4,56 milliards signé en 2007.

La filière profite de prix moyens plus élevés à l'exportation, grâce à un « mix » plus favorable lié aux cuvées spéciales ou aux bouteilles millésimées vendues nettement plus cher que les assemblages sans année. « L'année 2014 est une année de reprise, avec une hausse modeste en volume mais la confirmation d'une meilleure valorisation à l'export », observe Bruno Paillard, PDG de Lanson BCC (Lanson, Boizel), numéro deux du secteur derrière le groupe LVMH, propriétaire de Moët & Chandon, Veuve Clicquot, Dom Pérignon ou Ruinart.

Plus fort à l’export

Wikipédia

Si les ventes devraient, pour la quatrième année consécutuive, connaître un recul en France – qui reste cependant de loin le premier marché avec 55% des volumes vendus en 2013 - la contre-performance hexagonale devrait être compensée par un redressement en Europe. « La France devrait être le seul marché en baisse cette année », souligne Jean-Marie Barillère, président de l'Union des maisons de champagne, évaluant le recul entre 2% et 3%. Le champagne devrait surtout bénéficier d'une reprise des ventes au Royaume-Uni, son premier marché d'exportation (10 % des ventes).

Après deux années difficiles, les ventes se sont redressées grâce à de bonnes performances dans les restaurants et les bars de Londres ainsi que chez les cavistes haut de gamme de la capitale. Les ventes sont également reparties à la hausse en Allemagne et les tendances semblent s'être stabilisées en Europe du Sud, notamment en Italie après un décrochage de 14% en 2013.

Le grand export (hors Union européenne ndlr) devrait quant à lui battre de nouveaux records de chiffre d'affaires grâce à une progression des volumes aux Etats-Unis - portés par la reprise de l'économie - mais aussi au Japon ou en Australie, et par des prix moyens plus élevés. « Le modèle de croissance en valeur tiré par le grand export confirme sa pertinence », note Thibault Le Mailloux, porte-parole du Comité interprofessionnel des vins de champagne (CIVC).

Limité par son appellation géographique, le champagne se marginalise cependant, en volume, par rapport à la production mondiale des vins effervescents. Au cours des dix dernières années, la consommation mondiale de vin a augmenté de 4%, tandis que celle des vins effervescents a grimpé de 30% pour atteindre 15,4 millions d'hectolitres (soit environ 2,05 milliards de bouteilles), selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).

Une concurrence accrue

AFP Photo/William West

En 2013, les vins effervescents italiens (Prosecco) et espagnols (Cava) sont devenus, selon l'OIV, « des alternatives au champagne du fait de leur prix beaucoup plus bas, notamment sur des marchés clés comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni ». Si la production de vins effervescents reste encore concentrée en Europe de l'Ouest (France, Allemagne, Italie, Espagne), la concurrence du « Nouveau Monde » s'accroît. En dix ans, la production a augmenté de 25% aux Etats-Unis et a triplé en Argentine.

Dans ce contexte, le champagne « doit poursuivre son exigence de qualité et légitimer un positionnement unique, fondé sur la rareté et la qualité », estime le porte-parole du CIVC. Plusieurs maisons françaises se sont installées en Californie, où elles produisent du « sparkling » (pétillant en anglais, ndlr) haut de gamme, à partir des mêmes cépages qu'en Champagne et selon la méthode traditionnelle champenoise.

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Moët & Chandon, première marque de champagne vendue dans le monde, y a établi Domaine Chandon, après l'Argentine et le Brésil. La marque, qui nourrit de grandes ambitions, s'est aussi installée en Inde en 2013 et en Chine cette année. Elle dégage l'essentiel des ventes de la division Estate & Wines (groupe LVMH) dont le chiffre d'affaires est estimé à environ 400 millions d'euros.

Mumm (groupe Pernod Ricard) produit aussi un vin pétillant californien sous le nom de Mumm Napa. Roederer en fait de même sous l’appellation Roederer Estate et Taittinger sous celle de Domaine Carneros. « La production de vins mousseux dans le monde répond à la pénurie de champagne », commente Pierre-Emmanuel Taittinger, président de la maison du même nom. Ces vins effervescents ne sont pas, selon lui, en opposition frontale avec le champagne. « Je ne suis pas inquiet (...) à condition de poursuivre tous les efforts de qualité pour préserver le mythe qu'est le champagne », ajoute l’entrepreneur rémois.

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