France

Charlie Hebdo: bientôt la fin de l'unité nationale en France?

François Hollande et Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, avant la marche républicaine, le 11 janvier 2015
François Hollande et Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, avant la marche républicaine, le 11 janvier 2015 REUTERS/Pascal Rossignol

La nation française rassemblée : jusque quand ? Après l'émotion, voici venu le temps des questions. La classe politique française commence déjà à se fissurer, sur les responsabilités des services dans ces attentats, et les réponses à apporter aux violences terroristes.

Publicité

L'unité nationale, c’est Nicolas Sarkozy, sur Twitter, qui retweete un message du gouvernement appelant à la marche puis se retrouve à quelques mètres de François Hollande. Ce sont tous ces anciens Premiers ministres, ces chefs de partis politiques, les ténors de la majorité et de l'opposition, côte à côte toute la journée. Partout, des gens de gauche et de droite défilent ensemble.

Un moment d'unité nationale que Bertrand Delanoë, l'ancien maire de la capitale, n'est pas prêt d'oublier : « Les fractures dans la société française étaient assez profondes, et cet évènement a donné envie à tout le monde de se souder sur l'essentiel, sur ce qui fait que nous sommes une société civilisée. »

Estrosi ouvre le bal

Cette unité nationale, par l’émotion et la ferveur républicaine, la France ne l'avait jamais connue sous la Ve République. Mais après la concorde, à l’issue d’une semaine traumatisante, la politique va reprendre ses droits. Ce sera le temps des questions, des responsabilités aussi : les services de renseignement ont-ils failli ? Faut-il renforcer les lois antiterroristes ? Fermer les frontières ?

Certains à droite entendent désormais passer à l'offensive sur la question sécuritaire et l'islamisme radical, à l'instar du maire UMP de Nice Christian Estrosi, en pleine manifestation : « Si on ne tire pas toutes les leçons de ce qu'il s'est passé, en disant qu'il est temps de faire le ménage face à tout ce que nous savons dans notre pays, de présence de foyers d'intégrisme identifiés, de caves, de garages, de lieux clandestins que l'on n'a pas forcément démantelés ces dernières années, alors là, ce sera un autre débat mais je ne veux pas l'ouvrir aujourd'hui. »

Confusion et l’amalgame

Pour éviter que ce débat ne s'ouvre dès mardi à l'Assemblée nationale lors de la rentée parlementaire, les questions au gouvernement devraient être supprimées et remplacées par des discours. Plusieurs responsables de l’UMP ont néanmoins déjà commencé à délier la parole sur l'islam, l'intégration.

Le Front national, lui, n’a jamais cessé ces derniers jours d’entretenir la confusion et l’amalgame entre islamisme et terrorisme. Marine Le Pen a aussi voulu jouer les victimes en plein drame national - elle n’a jamais cessé de faire de la politique. Et son père, Jean-Marie Le Pen, a choisi ce dimanche après-midi si particulier pour annoncer sa candidature aux prochaines élections régionales - une ultime provocation.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail