France

Dieudonné poursuivi pour s'être dit «Charlie Coulibaly»

Dieudonné dans une vidéo publiée sur Internet.
Dieudonné dans une vidéo publiée sur Internet. www.youtube.com

Sur sa page Facebook, l'humoriste Dieudonné a écrit ce dimanche «Je me sens Charlie Coulibaly». Une enquête a immédiatement été ouverte par le parquet pour «apologie du terrorisme».

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Jamais à court de jeux de mots douteux, le polémiste ex-humoriste Dieudonné récidive. Alors qu'à l'occasion d'une journée historique, plus de trois millions de personnes sont descendues dans la rue pour dire « non » au fanatisme, au terrorisme, et à l'antisémitisme, Dieudonné le même jour écrit sur les réseaux sociaux : « Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly ».

Détournant ainsi le slogan de la manifestation, « Je suis Charlie », en l'associant au nom du terroriste Amedy Coulibaly, l'auteur de la tuerie de Montrouge et de Vincennes. Des propos immédiatement dénoncés comme « abjectes »  par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Dès ce lundi matin, le parquet de Paris a pris la décision d'ouvrir une enquête. De son côté, Dieudonné a immédiatement supprimé son message et indique avoir participé à la manifestation de dimanche, précisant qu'il ne cherche qu'à faire rire et déplorant que l'Etat continue de lui « pourrir le vie ».

Adepte de toutes les provocations, Dieudonné a également indiqué : « On me considère comme un Amedy Coulibaly alors que je ne suis pas différent de Charlie ».

Quelque 3 721 messages d'apologie des attentats de la semaine passée auraient été publiés sur les réseaux sociaux, d'après le ministère de l'Intérieur.  Un acte strictement interdit par la loi. D'ailleurs un jeune homme de Strasbourg est accusé de ces faits. Il aurait posté une photo de Kalashnikov avec des mots de réjouissance après l'attaque au siège de Charlie Hebdo. Son procès est renvoyé au 27 janvier prochain. 

La nouvelle loi anti-terroriste votée en novembre dernier interdit ce type de messages, notamment sur les réseaux sociaux. 

Provoquer directement à des actes de terrorisme ou en faire publiquement l'apologie est passible d'une peine de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Une peine encore aggravée lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne. En d'autres termes, les réseaux sociaux. 

Depuis novembre 2014, les autorités ont la possibilité de demander directement aux éditeurs et hébergeurs le retrait de contenus illicites et peuvent aller jusqu'à bloquer des sites internet qui ne satisferaient pas ces demandes. Les fournisseurs d'accès à Internet, qui peuvent être priés de bloquer les plateformes concernées, sont aussi concernés. 

Des mesures qui pourraient être renforcées par une plus grande coopération avec les fournisseurs d'accès et les entreprises du Web. C'est du moins ce qu'a annoncé Bernard Cazeneuve à l'issue d'une réunion avec les ministres de l'Intérieur européens. Une coopération qui pourrait aussi prendre la forme de messages positifs diffusés pour dissuader les jeunes de se radicaliser.

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