France

Législative du Doubs: l'UMP en déroute, Nicolas Sarkozy en chute libre

Nicolas Sarkozy et François Hollande, le 3 février 2015, lors de l'hommage national aux Invalides rendu aux neuf soldats français morts dans le crash d'un avion militaire en Espagne.
Nicolas Sarkozy et François Hollande, le 3 février 2015, lors de l'hommage national aux Invalides rendu aux neuf soldats français morts dans le crash d'un avion militaire en Espagne. REUTERS/Yoan Valat/Pool

En France, le Parti socialiste respire un petit peu mieux. L’un de ses candidats, Frédéric Barbier, a remporté, dimanche 8 février dans la 4ème circonscription du Doubs, l’élection législative partielle. Une victoire sur le fil, puisqu'un peu de moins de 1 000 voix d’écart le sépare de son adversaire, la candidate Front national, Sophie Montel. Le FN progresse entre les deux tours d'environ seize points et de 6 300 voix. Mais le grand perdant de ce scrutin, c’est l’UMP.

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Eliminé dès le premier tour, l’UMP a passé la semaine à s’écharper sur la ligne à suivre pour ce scrutin. Mardi dernier, à l’issue d’un bureau politique houleux, les dirigeants de l’UMP avaient opté sur le fil pour le « ni-ni », ni Parti socialiste, ni Front national. Le parti conservateur appelant ainsi ses électeurs à voter blanc, voire à s’abstenir, une dernière consigne pour le moins surprenante. Comment se sont alors comportés les électeurs de droite ce dimanche ?

Faisant fi des consignes de leur parti, nombre d'entre eux ont apporté leur suffrage à la candidate frontiste, Sophie Montel. C'est un désaveu évident pour les cadres de l’UMP et en particulier pour Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait défendu l’idée d’une position médiane entre le « ni-ni » des uns, et le soutien au candidat socialiste prôné par les autres, une position non seulement rejetée en interne, mais visiblement mal comprise par les sympathisants UMP. 

La cote de l’ancien président dévisse de 26 points. C'est le résultat d’une enquête BVA paru ce samedi. Ils ne sont ainsi plus que 39 % à souhaiter sa candidature à la présidentielle de 2017, contre 65 % il y a cinq mois. Nicolas Sarkozy ne devance plus Alain Juppé que de 6 points et le problème pour le patron de l’UMP, c’est que le débat sur la position à tenir face au FN va réapparaître dans les prochains jours. Le cas de figure du Doubs, un face à face PS/FN au second tour, devrait se répéter dans beaucoup de cantons à l’occasion des élections départementales de mars prochain.

Cette élection doit servir d'électrochoc pour l'UMP. Il y a une progression qui semble inexorable du Front national. Elle nous a fait perdre les élections présidentielles de 2012. Elle nous a fait perdre cette législative. Elle nous menace pour les élections départementales, et pour les élections régionales. Et elle peut nous menacer encore plus aux élections nationales.

Bruno Le Maire, député UMP


Manuel Valls charge l'UMP et sa position du «ni-ni»

Le Front national a failli avoir un troisième député à l'Assemblée nationale. La faute notamment à l'UMP et à son « ni-ni », jugé « pas responsable » par le Premier ministre Manuel Valls, invité ce lundi matin d'Europe 1 :

« Quand on est un grand parti, qui a gouverné et qui vise à gouverner, on prend ses responsabilités. Si dans l’avenir, comme ça a été le cas en 2002, pour une élection locale ou une élection nationale, j’ai à choisir entre un candidat de l’UMP et un candidat du Front national, je n’hésiterai jamais une seconde. Ce que je demande face à une formation qui tourne le dos à ce qu’est profondément la France, qui par ses propositions, je pense à la sortie de l’euro qui mettrait la France dans un désastre économique, il faut prendre toujours ses responsabilités. Le « ni-ni » n’est pas une position responsable ».

 

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