Accéder au contenu principal
Syrie / France

Quatre parlementaires français rencontrent Bachar el-Assad en Syrie

Le président syrien Bachar el-Assad (ici le 26 janvier 2015).
Le président syrien Bachar el-Assad (ici le 26 janvier 2015). REUTERS/SANA/Handout via Reuters
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Quatre parlementaires de droite et de gauche ont rencontré, ce mercredi, Bachar el-Assad, le président syrien, à Damas. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a précisé qu'il s'agissait d'« une initiative personnelle » et « en aucun cas une démarche officielle de la France ».

Publicité

C'est la première fois depuis 2012 et la rupture des relations diplomatiques entre la France et la Syrie, que des élus français se rendent à Damas. Objectif affiché par les membres de cette délégation : renouer le dialogue avec le régime syrien, pour mieux lutter face à l'organisation de l'Etat islamique et trouver une porte de sortie à la guerre civile qui ravage le pays.

« Nous sommes venus pour regarder, pour écouter et pour nous informer sur la situation », a expliqué à RFI le député Jacques Myard, l'un des quatre parlementaires qui a rencontré le président syrien. « Même si ce gouvernement a du sang sur les mains, a-t-il expliqué, il existe et c'est le sens de la diplomatie de discuter avec des gens que l'on n'aime pas beaucoup. »

« Renouer le contact avec le régime syrien »

A Paris, le gouvernement a pris ses distances avec la délégation parlementaire. Le gouvernement français qui reste arc-bouté sur la ligne adoptée depuis le début du conflit syrien : pas question de discuter avec Bachar el-Assad, même s'il s'agit de lutter contre l'organisation Etat islamique. Une ligne adoptée en 2011 par Nicolas Sarkozy, et qui n'a pas bougé d'un iota sous la présidence de François Hollande. Le président français qui refuse ainsi de bombarder les positions de l'organisation Etat islamique en territoire syrien, au motif que cela pourrait bénéficier indirectement à Bachar el-Assad.

Mais aujourd'hui, clame l'équipe d'élus hexagonaux, le groupe Etat islamique est un adversaire bien plus dangereux que Bachar el-Assad. « Il faut que la diplomatie française prenne en compte cette réalité, disent-ils, et qu'elle accepte de renouer le contact avec le régime syrien ».

J’ai pesé le pour et le contre et finalement j’ai pensé qu’il y avait un risque d’instrumentalisation, donc j’ai renoncé. Mais je ne désapprouve pas leur démarche, ils sont libres...

François Loncle

« Ce n'est pas de la diplomatie parallèle »estime François Fillon, qui ne voit rien d'anormal à ce que des parlementaires aillent rencontrer Bachar el-Assad, au contraire.

« Les parlementaires ont le droit de s'informer pour contrôler l'action du gouvernement. Moi-même je suis allé en Irak et au Liban il n'y a pas longtemps, et honnêtement, si j'avais l'occasion d'aller en Syrie, j'irais. Il faut écouter toutes les parties. Ma conviction, c'est que Bachar el-Assad ne peut pas rester à la tête de son pays parce que le contentieux qui s'est accumulé entre lui et une partie de la population, compte-tenu des violences incroyables, est irrémadiable. Mais il faudra bien, un moment donné, trouver un accord pour qu'il y ait un gouvernement de rassemblement en Syrie. Et la meilleure façon de le faire, c'est de parler avec la Russie parce que c'est elle qui soutient Bachar el-Assad. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.