France

France: le monde médical en grève contre le projet de loi santé

Un pharmacien de Quimper (Finistère), le 11 février 2015.
Un pharmacien de Quimper (Finistère), le 11 février 2015. AFP PHOTO FRED TANNEAU

Le monde médical français privé est en grève à partir de ce vendredi 13 mars pour protester contre le projet de loi de santé de la ministre Marisol Touraine dont l’examen en commission doit débuter mardi à l’Assemblée nationale.

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Mesure phare du texte, la généralisation du « tiers payant » provoque l’ire des professionnels de santé. La prise en charge directe des frais de santé par la Sécurité sociale et par les assurances privées existe déjà dans les pharmacies où un patient couvert par la Sécurité sociale et possédant une mutuelle ne doit payer, pour ses médicaments, que ce qui n'est pas pris en charge par ces deux organismes. Autrement dit, le patient n'a pas à avancer les frais dans l’attente d’un remboursement et le pharmacien, lui, se fait payer la différence directement par l’Assurance Maladie et par les mutuelles.

63% des Français favorables

Si le texte de Marisol Touraine est adopté, tous les professionnels de santé devront accepter cette « dispense d'avance de frais » d’ici 2017. Les syndicats de médecins affirment que cela va générer beaucoup de paperasse et craignent surtout de ne pas être payés en temps et en heure. Pour tenter de les rassurer, la ministre française de la Santé a ajouté un article à la loi prévoyant des pénalités à l'encontre de l'Assurance Maladie si le règlement n'était pas effectué sous sept jours.

Les soignants affirment également que ce qui peut apparaitre, aux yeux de certains patients, comme une « pseudo-gratuité » risque de faire exploser les dépenses de santé en France. Mais la généralisation du tiers payant reste très populaire au sein de la population française. Selon un sondage récent, 63 % des Français y sont favorables.

La redéfinition du service public hospitalier contestée

Autre mesure prévue par le projet de loi et contestée par les organisations syndicales de personnels soignants, la possibilité de se faire vacciner par les pharmaciens. A l'heure actuelle, en France, seul un médecin a l'autorisation de procéder à une vaccination et les organisations représentatives dénoncent cette délégation de compétence vers le secteur paramédical comme étant un « démantèlement » de leur profession.

Egalement contestée, la redéfinition du « service public hospitalier » centralise les craintes des médecins et autres professionnels de santé. Pour faire partie de ce « SPH », les médecins et les cliniques ne devront plus pratiquer de dépassements d'honoraires. La majorité des établissements privés en seraient donc, de fait, exclus. Et ne pourraient plus prétendre aux fonds et subventions qui s'y rapportent...

Le mouvement a commencé ce vendredi avec une grève des urgences et des gardes. Ce samedi, les praticiens sont appelés à fermer, purement et simplement, leurs cabinets et une manifestation est prévue à Paris, dimanche. Les organisateurs n'ont pas affrété de bus ni de train mais disent espérer dépasser le cap des 20 000 manifestants dans les rues de la capitale française. Ce serait la mobilisation la plus importante du corps médical depuis 2002 avec le mouvement pour la revalorisation des honoraires des médecins.

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