France

Départementales: la France s'installe dans le tripartisme

Au lendemain des élections départementales de dimanche, le pays s'est réveillé avec une situation inédite: le bipartisme droite-gauche n'est plus.
Au lendemain des élections départementales de dimanche, le pays s'est réveillé avec une situation inédite: le bipartisme droite-gauche n'est plus. REUTERS/Eric Gaillard

En France, le ministère de l'Intérieur a dévoilé ce lundi 23 mars les résultats définitifs du premier tour des élections départementales hier. 29 % des voix pour l'alliance UMP-centre, 25 % au FN et 21 % pour les listes investies par le Parti socialiste. La gauche devrait perdre le contrôle de nombreux départements. En attendant le second tour la semaine prochaine, ce premier tour de scrutin semble consacrer l'installation d'un certain tripartisme en France.

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Terminé l’affrontement binaire droite gauche, un troisième acteur pèse autant que les autres : le Front national, qui a recueilli environ un quart des suffrages exprimés, et ça lors d’élections locales. Des élections traditionnellement difficiles pour lui. En face, Manuel Valls a bien parlé d'un score honorable, mais une gauche qui réunit un peu plus d’un tiers des voix est une gauche très affaiblie.

La droite, elle, peut bien claironner sa victoire. Elle emporte, en effet, bien plus de suffrages que prévu, mais là aussi, son score se rétrécit. Au total, on a donc bien trois forces politiques qui chacune considère les deux autres comme des adversaires.

Chacune est repartie au combat, à chacune sa stratégie. Un vent d’optimisme souffle chez les socialistes. « Ça va se jouer à presque rien, dans beaucoup de cantons ça peut tomber du bon côté de la pièce », confie une ministre qui ajoute, un léger sourire aux lèvres : « on peut sauver plus de départements que prévu ». Mobilisation tous azimuts donc. Interviews, déplacements, Manuel Valls veut incarner la campagne. Et selon une stratégie très personnelle, sans ministres ni partenaires de la gauche à ses côtés. Le Premier ministre ne négocie pas, surtout avec des écologistes en situation de faiblesse à 2 %.

Nicolas Sarkozy, au contraire, a immédiatement tenu à s’assurer de l’unité de son camp, en rencontrant le leader des centristes, puis avec un bureau politique de son parti. Le président de l’UMP est inflexible sur la règle du « ni-ni » : ni PS, ni FN. Pas de consigne de vote non plus quand son camp est éliminé.

Marine Le Pen est, quant à elle, tout entière tournée vers la confirmation de l’ancrage territorial de son parti. C’est d’ailleurs la grande inconnue de ce scrutin : le report des voix frontistes en cas de duel PS-UMP.

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