France

Départementales: les enseignements de ce premier tour

A l'heure du décompte des votes du premier tour des départementales, deux partis apparaissent en tête, l'UMP et le Front national, profitant des divisions au sein de la gauche.
A l'heure du décompte des votes du premier tour des départementales, deux partis apparaissent en tête, l'UMP et le Front national, profitant des divisions au sein de la gauche. AFP PHOTO / RAYMOND ROIG

Triomphe de l'UMP, percée du Front national, claque pour le Parti socialiste... Quel bilan tirer du premier tour des élections départementales ? Décryptage.

Publicité

Le premier gagnant de ce scrutin, c'est le Front national. Le parti de Marine Le Pen était certes attendu en tête du premier tour des départementales, avec 30 % des suffrages, selon les sondages, il n'obtient finalement « que » 25 % des votes. Une petite déception du côté des dirigeants du parti d’extrême droite, qui n’arrive qu’en deuxième position du premier tour (troisième si l'on additionne les résultats PS-divers gauche-radicaux), améliorant tout de même légèrement son score des européennes.

« Le score des européennes, c’est à peu près 11 % des inscrits. Là on est à 12,5 % des inscrits puisqu’il y a un Français sur deux appelé à voter qui est allé voter [dimanche], abonde Emmanuel Rivière, directeur Business Team Stratégies d'opinion à TNS Sofres, sur l'antenne de RFI. D'ailleurs, ce léger sursaut de participation est un des enseignements du scrutin. » Pour l'analyste, le Front national a fait ses preuves « dans une élection qui a priori est compliquée puisqu’il faut une implantation locale et qu'il faut quand même trouver des candidats. »

La « marque » Marine Le Pen

Le parti d'extrême droite représente ainsi un quart des électeurs français qui ont voté dimanche 22 mars. Le résultat est là. Cela veut dire beaucoup d’élus locaux, et surtout une implantation. Le FN prend racine, ce qui compte énormément pour Marine Le Pen, qui vise à terme la prochaine marche, à savoir la présidentielle de 2017. En ce sens, ce premier tour est une réussite et ouvre quelques perspectives pour le second tour qui aura lieu le 29 mars. Le FN pourrait remporter un, deux, voire trois départements en France.

[Les candidats FN] n’ont pas fait campagne.

Béatrice Giblin, géopoliticienne française

Pour, Béatrice Giblin, géopoliticienne française, « présenter des candidats sur l’ensemble des cantons sur ses seules forces Front national, c’est [...] un exploit. Il [le FN] partait de très loin sur ces élections locales. Mais là où je trouve que c’est un peu inquiétant, c’est que dans la plupart des cas, les candidats du Front national, on ne les a pas vus. Ils ne mettaient parfois même pas leurs affiches sur les panneaux officiels devant les écoles. Ils n’ont pas fait campagne. On ne les voyait pas sur les marchés, sauf à certains endroits comme à Hénin-Beaumont par exemple. »

Pour autant, il est toujours compliqué d’évaluer de façon détaillée la part réelle de l’électorat Front national dans les sondages. « Le défaut habituel des sondages consistait souvent à minorer le score du Front national, sauf en 2007, analyse Emmanuel Rivière. Cela veut dire qu’il y a dans les gens qui nous ont répondu ou qui ont répondu aux sondeurs, des gens qui sont tentés par le Front national mais qui finalement, pour ce premier tour, ont pensé que ce n’était pas forcément la peine d’aller voter. Donc il y a un potentiel [pour le Front national] qui reste élevé et il y a une vraie dynamique. »

Une France en bleu

Il y a un potentiel du Front national qui reste élevé et il y a une vraie dynamique.

Emmanuel Rivière, TNS Sofres

Mais sur le tableau, la grande gagnante, c’est bien l’alliance UMP-UDI, arrivée en tête avec plus de 30 % des suffrages. C’est une France en bleu qui se dessine à l’issue de ce premier tour. Fourchette minimale : 15 départements remportés par la droite. Fourchette maximale : certains parlent de 30 %. On aura l'inverse, finalement, de ce qu'il s’est passé en 2011 quand l’UMP avait perdu les élections cantonales. Nicolas Sarkozy était alors au pouvoir.

Ce scrutin permet d’ailleurs de vérifier une règle électorale : le parti au pouvoir perd généralement les élections intermédiaires, sauf que cette fois-ci, c'est le Parti socialiste qui en fait les frais. François Hollande a d'ailleurs tout perdu depuis qu’il est président : les municipales, les sénatoriales, les européennes et donc les départementales. Quatre échecs.

Un mauvais signe pour le PS

Le PS, lui, s'en tire avec 28 % des voix, avec « ses alliés divers gauche et radicaux de gauche », a pris la peine de préciser Manuel Valls au lendemain du premier tour. Et la précision est de taille, car seul, le Parti socialiste pèse autour de 21 %. Contrairement à l'UMP qui a fait bloc avec l’UDI, le parti au pouvoir et le reste de la gauche sont restés particulièrement divisés.

Le PS s’est présenté rassemblé avec des candidats dans seulement 20 % des cantons. Résultat ce lundi : le Parti socialiste arrive en troisième position comme aux européennes. Un très mauvais signe pour la présidentielle.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail