France

Loi sur la prostitution: des travailleuses du sexe manifestent à Paris

Des dizaines de prostituées se sont réunies pour manifester notamment contre la pénalisation des clients, Paris, le 28 mars 2015.
Des dizaines de prostituées se sont réunies pour manifester notamment contre la pénalisation des clients, Paris, le 28 mars 2015. JACQUES DEMARTHON / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Des dizaines de prostituées ont manifesté ce samedi 28 mars à Paris pour exiger la dépénalisation totale de leur activité, alors que le débat sur la prostitution démarre lundi 30 mars au Sénat.

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Masquées de blanc, elles sont des dizaines rassemblées place Pigalle, presque toutes d'origine étrangère, majoritairement chinoises. Elles ont déployé une modeste banderole pour exiger de pouvoir travailler sans entrave : ni pénalisation des clients, comme le veut le gouvernement mais pas les sénateurs, ni pénalisation du racolage.

Aï Ying, marcheuse de Belleville et présidente d’un collectif de prostituées chinoises baptisé les Roses d'acier, explique ses craintes : « Nous sommes contre la pénalisation des clients parce que ça aura des effets très négatifs pour nous les travailleuses du sexe. Tout d’abord sur nos revenus, on risque d’avoir moins de clients. On craint aussi qu’il y ait plus de danger, plus de problèmes pour nous. Et puis cette loi ne nous aidera pas à changer de métier, elle ne résout pas notre problème majeur : l’absence de titre de séjour. »

Le gouvernement veut éradiquer la prostitution en pénalisant le client, comme en Suède. L'opposition, majoritaire au Sénat, souhaite plutôt rétablir le délit de racolage abrogé par l'Assemblée nationale. Quant aux associations de terrain, elles redoutent que ces mesures ne précarisent davantage les prostituées. « La situation des travailleuses du sexe est dramatique, elles sont confrontées quotidiennement aux violences, elles sont obligées de prendre de gros risques pour leur santé. Toute la loi favorise cette prise de risque parce que ça les condamne à vivre dans l’insécurité », affirme Tim Laster de Médecins du monde.

Sanctionner les prostituées ou leurs clients, le débat commence ce lundi 30 mars au Sénat. Les travailleuses du sexe craignent de se voir enfermées définitivement dans la clandestinité.

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