France

Départementales en France: l'urgence du rassemblement à gauche

Le Premier ministre Manuel Valls a déploré dimanche 29 mars 2015 une gauche «trop dispersée».
Le Premier ministre Manuel Valls a déploré dimanche 29 mars 2015 une gauche «trop dispersée». REUTERS/Philippe Wojazer

Après la nouvelle claque électorale des départementales, le PS et l'exécutif ont l'obligation de rassembler la gauche en vue des régionales et de la présidentielle de 2017 mais les travaux pratiques s'annoncent laborieux. La majorité de gauche ne peut que s’inquiéter.

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Divisée avant le premier tour, laminée au second, la gauche a commencé dès hier soir à s’entre-déchirer. Entre d’un côté ceux qui demandent comme les frondeurs et une partie des écologistes un changement de cap car c’est pour eux la politique du gouvernement qui a été sanctionnée dans les urnes lors de ces départementales, et de l’autre les légitimistes comme Bruno Le Roux, patron des députés socialistes qui disait ce matin « nous avons perdu par bêtise politique par division factice ». « La division a coûté cher » renchérit le député EELV François De Rugy.

Chacun se renvoie la balle, et pourtant une gauche unie pour la présidentielle, c’est pour François Hollande une préoccupation majeure : l’Elysée le répète il faudra le moins de candidatures possibles à gauche en 2017 sous peine de ne pas être qualifié pour le second tour. Un objectif qui s’annonce très délicat à atteindre, tant la gauche est éparpillée aujourd’hui.

Le Front de Gauche est dans l’opposition, puisqu’il a voté la censure au gouvernement quand Manuel Valls a utilisé l’article 49-3, soit le vote bloqué, pour faire passer la loi Macron. Les écologistes eux sont divisés entre soutien critique et opposition frontale au gouvernement, tellement que le mot scission n’est plus tabou au sein d’Europe Ecologie les Verts. Les socialistes eux-mêmes reviennent à leurs débats internes, des débats amplifiés par les manœuvres de congrès.

Réunion de travail avec les écologistes

Le Premier secrétaire du parti tente de se poser en rassembleur, un défi d’autant plus important pour lui qu’il est aussi personnel : désigné par le conseil national du parti à la suite de l’exfiltration de son prédécesseur Harlem Désir au gouvernement, Jean-Christophe Cambadélis veut en juin au congrès de Poitiers être cette fois adoubé par le vote le plus large possible des militants. Premiers travaux pratiques pratiques d’union cette fois de toute la gauche, le premier secrétaire du PS a reçu le 30 mars la patronne des écologistes Emmanuelle Cosse.

Il y a en tout cas urgence pour la rue de Solférino à recoller les morceaux. Car même pour les socialistes légitimistes, quatre revers électoraux sur quatre élections intermédiaires ça fait beaucoup. La presse elle-même le souligne ce matin : lors du précédent quinquennat Nicolas Sarkozy avait perdu toutes les élections intermédiaires avant de perdre ensuite la dernière, l’élection majeure sous la 5ème république : la présidentielle.

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