France / Terrorisme

Attentat déjoué en France: l'exécutif désamorce les critiques

Depuis les attentats de janvier, le gouvernement veut renforcer la sécurité intérieure du pays, notamment au travers d'un projet de loi sur le renseignement.
Depuis les attentats de janvier, le gouvernement veut renforcer la sécurité intérieure du pays, notamment au travers d'un projet de loi sur le renseignement. VALERY HACHE / AFP

Bernard Cazeneuve était mercredi 22 avril au soir sur TF1, François Hollande sur France 3 et ce matin Manuel Valls sur France Inter. L'exécutif français est sur tous les fronts, après avoir révélé qu'un projet d'attentat avait été déjoué fortuitement dimanche dernier. Pour le Premier ministre, la menace terroriste « n'a jamais été aussi importante », alors que de nombreuses interrogations subsistent encore dans l'affaire Sid Ahmed Ghlam. 

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L'exécutif français veut parer à toutes les critiques, car le suspect était connu des services de renseignement. Une fiche « sûreté de l'Etat » le concernant avait été rédigée. Mais l'homme n'était plus surveillé. Alors y a-t-il eu dysfonctionnement ? La question a été posée. Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, l'a catégoriquement réfuté, mercredi soir. Et ce jeudi matin, c'est le Premier ministre qui a voulu montrer que les forces de l'ordre ne sont pas dépassées.

« De nombreux attentats ont déjà été déjoués, cinq, compte tenue encore de l’attentat qui n’a pas eu lieu heureusement à Villejuif, il y a sans doute quelques jours. La menace n’a jamais été aussi importante. Nous n’avons jamais eu à faire face à ce type de terrorisme dans notre histoire », a-t-il déclaré.

Un projet de loi controversé

L'enjeu est aussi politique pour l'exécutif. Il s'agit de désamorcer les critiques et insister sur le climat sécuritaire au moment où est discuté au Parlement le controversé projet de loi sur le renseignement. Une façon de démontrer que ce texte est nécessaire tout en rejetant les accusations d'Etat policier. Pour Bernard Cazeneuve, cette affaire en est une bonne illustration. Car si le suspect a bien fait l'objet d'une enquête, celle-ci a été arrêtée car aucun élément tangible n'avait été trouvé. Démarche normale, dit-il, « dans un Etat de droit ».

Sid Ahmed Ghlam a été arrêté par hasard après avoir appelé le Samu, parce qu'il s'était blessé par balle. Les policiers découvrent un arsenal dans sa voiture et à son domicile. Ils trouvent aussi des plans d’attaque d’églises et font le lien avec le meurtre d’Aurélie Châtelain, retrouvée criblée de balles le jour même à Villejuif. Mais de nombreuses interrogations subsistent.

La piste des complices

Parmi les questions encore en suspens, il y a notamment celle de ses complices présumés. Dans un premier temps, c'est le chef d'« entreprise individuelle terroriste » qui avait été retenu contre ce jeune étudiant.

Mais en analysant son ordinateur, les enquêteurs ont pu déterminer qu'il était en lien avec une personne en Syrie. Et que ce contact lui donnait des conseils pour organiser des attentats contre des églises ? L'enquête, du coup, a été requalifiée. Elle porte désormais sur une « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ».

Les forces de l'ordre cherchent à en savoir plus sur ce contact en Syrie, mais aussi sur les soutiens dont le terroriste présumé aurait pu bénéficier en France. Est-ce que d'autres personnes lui ont prodigué des conseils ? Et, surtout, comment s'est-il procuré son arsenal ? Trois Kalachnikov, deux armes automatiques, des munitions, des gilets pare-balles. Un attirail qui nécessite d'avoir des relais et des financements. En garde-à-vue, l'homme est pour l'instant muet. Elle peut durer jusqu'à samedi.

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