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France

France: la jupe longue et noire d’une collégienne crée la polémique

Capture d'écran du journal «L'Ardennais»
Capture d'écran du journal «L'Ardennais» L'Ardennais
Texte par : RFI Suivre
4 mn

A Charleville-Mézières, dans le nord-est de la France, une collégienne n'a pas pu se rendre en cours à cause d'une jupe longue et noire, assimilée à « un signe ostentatoire d'appartenance religieuse ». L'incompréhension gagne les réseaux sociaux, et les messages de soutien à Sarah se multiplient.

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Les manifestations de soutien à Sarah K., qui ne souhaite pas donner son nom, se multiplient sur les réseaux sociaux. Cette collégienne de 15 ans, scolarisée au collège Léo Lagrange de Charleville-Mézières, a été exclue à deux reprises de son établissement. Non pas pour le port du voile qu'elle enlève avant d'entrer au collège, mais en raison de sa jupe jugée trop longue et considérée comme un signe religieux ostentatoire.

Or, la loi de 2004 précise que les signes et les tenues qui sont portés pour revendiquer une appartenance religieuse sont interdits. On pense évidemment au voile, à la kippa, à une grande croix ou à un turban sikh, mais pour l'Observatoire de la laïcité, une jupe noire ne contrevient pas à la loi a priori.

Siham Assbague, du collectif Je porte ma jupe comme je veux, est indignée. Selon elle « il y a une dérive très clairement autour de l’application de la loi de mars 2004 avec des directeurs d’établissement qui, sous prétexte qu’elles portent une jupe trop longue ou qu’elles aient une tenue qui déplaît, privent certaines jeunes filles d’éducation. C’est tout a fait scandaleux et ça ne reflète pas du tout les valeurs d’égalité et de liberté qui sont censées être celles de la France ».

« Aucune élève ne peut et n'a d'ailleurs été exclue en raison de la longueur ou de la couleur de sa jupe », a déclaré pour sa part Najat Vallaud-Belkacem sur RTL ce jeudi 30 avril. « Ce qui s'est réellement passé [...], c'est que l'équipe pédagogique a fait preuve de discernement pour juger du caractère prosélyte, ou pas, non pas de la tenue mais de l'attitude de l'élève », a précisé la ministre de l'Education.

Cent trente cas de lycéennes ou collégiennes interdites de cours pour des tenues « jugées abusivement ostentatoires » ont été recensés en 2014.


« Ça me semble excessif »

Dans les rues de la capitale, près de la Cité Universitaire, un quartier cosmopolite, situé dans le XIVe arrondissement, les femmes sont consternées par cette polémique. Interdire la jupe longue, ça va trop loin.

Je pense qu’ils devraient laisser porter des jupes, tout simplement on a le droit de s’habiller comme on veut, ce n’est pas forcément un signe religieux. […] Je ne suis pas musulmane mais je porte des jupes longues. […] Ça me semble excessif juste pour la jupe, après effectivement qu’ils essaient de lutter, ça me semble normal sur certaines choses.

Réactions de femmes dans les rues de Paris

 

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