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France

Un maire d’extrême-droite soupçonné de ficher les élèves musulmans

Le 14 mars dernier, à Béziers, le maire de la ville, Robert Ménard, avait officiellement donné à une rue le nom d'un militaire ayant pris part au putsch des généraux d'avril 1961 à Alger.
Le 14 mars dernier, à Béziers, le maire de la ville, Robert Ménard, avait officiellement donné à une rue le nom d'un militaire ayant pris part au putsch des généraux d'avril 1961 à Alger. AFP PHOTO / SYLVAIN THOMAS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La justice a ouvert une enquête après des propos de Robert Ménard, maire de Béziers, dans le sud de la France. Ce proche du Front national a affirmé sur France 2 se servir des prénoms pour établir des statistiques confessionnelles des élèves de sa commune. Un délit passible de 5 ans de prison et de 300 000 euros d’amende.

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Le parquet de Montpellier a ouvert une enquête préliminaire ce mardi 5 mai après les propos tenus par le maire de Béziers. Robert Ménard, proche du Front national, a revendiqué la veille dans une émission de télévision procéder au décompte des élèves de confession musulmane présents dans les classes des écoles de sa ville.

Lundi soir, dans l'émission Mots Croisés, sur la chaîne de télévision France 2, alors qu’il est interrogé sur la question de l'immigration, le maire de Béziers lâche un chiffre, au détour d'une phrase : « Dans ma ville, il y a 64,8% des enfants qui sont musulmans dans les écoles primaires et maternelles ».

« Je sais que je n'ai pas le droit de le faire »

Un téléspectateur s'interroge sur les réseaux sociaux. D'où le maire de Béziers tient-il cette statistique ?

L'un des chroniqueurs de l'émission interroge donc, à nouveau, Robert Ménard… qui assume. « Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de le dire, le maire a, classe par classe, les noms des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit de le faire. Pardon de le dire, les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier l'évidence », déclare-t-il alors.

Une déclaration qui lui vaut donc l’ouverture d’une procédure judiciaire : en France, la loi interdit de procéder à des statistiques ethniques ou religieuses. Un délit passible de 5 ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.

Levée de boucliers

Ses propos ont également vivement fait réagir, sur les réseaux sociaux, jusque dans les rangs du gouvernement. « Honte au maire », a ainsi lâché le Premier ministre sur Twitter.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, estime pour sa part qu'une « ligne jaune » a été franchie. « Un tel fichage est interdit par la loi. Ficher des enfants selon leur religion, c'est renvoyer aux heures les plus sombres de notre histoire », écrit le ministre de l'Intérieur dans un communiqué.

Autre réaction, celle d’Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national contre l'islamophobie au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM) : « Je suis scandalisé, écoeuré par de tels propos. La loi interdit un tel fichage. En plus on peut se prénommer Mohammed sans être musulman pratiquant ! »

Dans un communiqué publié dans la matinée par les services de la mairie de Béziers, affirme que la municipalité « ne constitue pas et n'a jamais constitué de fichiers des enfants ». Sans réitérer à l'identique ses propos de la veille, Robert Ménard dit pour sa part assumer, et justifie cette volonté de mettre en place des statistiques confessionnelles. « J’essaye de savoir la vérité. On n'établit aucune liste, on essaye de savoir ce qu’il en est », a-t-il déclaré sur l’antenne de BFM TV.

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