France

Le micro-parti de Marine Le Pen soupçonné «d’escroquerie financière»

Marine Le Pen, présidente du FN, au Parlement européen, à Strasbourg, en 2012.
Marine Le Pen, présidente du FN, au Parlement européen, à Strasbourg, en 2012. REUTERS/Vincent Kessler

Tandis que le Front national se déchire autour de la lutte entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine, le micro-parti de la présidente du FN, Jeanne, vient d’être mis en examen par deux magistrats du pôle financier. En cause, un système de surfacturation présumé permettant de gonfler les comptes de campagne remboursés par l’Etat.

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Jeanne, le micro-parti créé par Marine Le Pen, est dans le collimateur de la justice française. En mettant en examen pour « escroquerie financière » Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, les juges financiers parisiens Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi, à la manœuvre dans ce dossier, visent le mode de financement du Front national, qui leur semble pour le moins peu orthodoxe.

Jeanne et Riwal au centre de l'enquête

En 2012, une partie de l’argent servant à financer les campagnes de 2012 – présidentielle et législatives - a transité vers le FN via deux entités : Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, et Riwal, une société qui conçoit et réalise de nombreux documents de propagande pour le parti d'extrême-droite.

La société Riwal, ainsi que son directeur, Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen, ont déjà été mis en examen pour financement illégal de parti politique et la société a, en tant que personne morale, été inculpée d’escroquerie. Cette fois, c’est donc Jeanne, le micro-parti, qui est touché par la procédure judiciaire.

Soupçons de surfacturations

Lors des législatives de 2012, par exemple, le micro-parti Jeanne a prêté des fonds aux candidats du FN, tout en leur fournissant du matériel de propagande électorale fabriqué par la société Riwal. Les magistrats du pôle financier de Paris soupçonnent que ce système en vase clos a pu dévier en un système de surfacturation, gonflant d’autant les comptes de campagne du FN au préjudice de l'Etat qui, au final rembourse, les frais des campagnes électorales. Une affaire qui ressemble fort à l’affaire dite « Bygmalion », qui secoue l’UMP.

Le micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, a été créé en 2010. Les micro-partis ont vu leur nombre augmenter de manière exponentielle dans tout le spectre politique ces 20 dernières années, passant de 20 à près de 300 entre 1993 et 2013. Des micro-partis qui, reconnus par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, sont parfois accusés de permettre de contourner la loi limitant à 7500 euros par personne le montant maximal des dons aux partis politiques.

« Nous n'avons rien à nous reprocher », a déclaré Marine Le Pen, ce mercredi. Cité par l’Agence France-Presse, la présidente du Front national, à Prague pour assister à une conférence du OKS, un parti anti-européen tchèque, a qualifié l’inculpation de Jeanne pour escroquerie de « mesure administrative absolument classique depuis que la loi a permis la mise en examen des personnes morales. »

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