France

8-Mai 1945, 8-Mai 2015, commémoration à Paris sur les Champs-Elysées

John Kerry, le chef de la diplomatie américaine et Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français ainsi que Jane Hartley, l'ambassadrice des Etats-Unis en France, sur la tombe du soldat inconnu, aux Champs Elysées, Paris, le 8 mai 2015.
John Kerry, le chef de la diplomatie américaine et Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français ainsi que Jane Hartley, l'ambassadrice des Etats-Unis en France, sur la tombe du soldat inconnu, aux Champs Elysées, Paris, le 8 mai 2015. REUTERS/Andrew Harnik/Pool

8-Mai 1945, 8-Mai 2015, 70 ans après la capitulation de l'Allemagne nazie, des commémorations ont lieu un peu partout à travers l'Europe, notamment en Pologne, et sur les Champs Elysées à Paris. Une journée du souvenir et de nombreux hommages avec une place particulière faite à la jeunesse qui sera à l'honneur cette année.

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Avec notre envoyé spécial sur les Champs-Elysées, Olivier Fourt

Le président de la République française, François Hollande, a rendu hommage aux vétérans et aux anciens résistants de la Seconde Guerre mondiale, sous l'Arc de triomphe, place de l’Etoile à Paris. Il a déposé une gerbe au pied de la statue du général de Gaulle qui se trouve au bas des Champs-Elysées. La cérémonie de ce 8-Mai est marquée par la présence du secrétaire d’Etat américain John Kerry, un habitué de la capitale qui est en visite à Paris pour évoquer notamment la situation dans le golfe arabo-persique. John Kerry a été vu la main sur le cœur sous l’Arc de Triomphe lorsque la sonnerie aux morts a retenti.

Dans les tribunes, des lycéens et des collégiens sont mêlés aux anciens combattants. Les jeunes sont à l’honneur cette année, gardiens de la mémoire, et associés à cette cérémonie des 70 ans de la capitulation de l’Allemagne. Une centaine de jeunes, collégiens et lycéens, ont été invités ce matin après la remise des prix du concours national de la Résistance des mains du président François Hollande.

Le 8-Mai 1945

Le 8-Mai 1945, c’était il y a soixante-dix ans. Une immense foule dans les rues de Paris pour fêter la capitulation de l’Allemagne. Il faisait beau ce jour-là. 70 ans plus tard, ce sont la grisaille et la pluie qui sont au rendez-vous sur les Champs-Elysées, ce 8 mai 2015. Une cérémonie a lieu en plein coeur de Paris pour se souvenir du bonheur des Parisiens de 1945, dans une Europe libérée mais dans une France meurtrie par l’épuration qui débute dès 1944 et un désir de vengeance.

9 000 Français sont passés par les armes. La France de 1945 est ruinée par les combats et l’occupation. On manque de tout. Les Parisiens feront tout pour se débarrasser au plus vite de ces galoches à semelles de bois et de caoutchouc, confectionnées avec de vieux pneus. Mais les tickets de rationnement resteront en vigueur en France jusque 1949. Mai 45, c’est aussi le temps des retours pour certains, le retour des camps des prisonniers surtout, mais aussi des déportés bien moins nombreux. Ce sont près de 2 millions d’hommes et femmes qui reviennent en France au printemps et à l’été 45. Le 8-Mai 45, de sinistre mémoire en Algérie, ce sont les massacres de Sétif, et l’ouverture d’une nouvelle ère, celle des guerres de décolonisation.

La capitulation de l'Allemagne nazie

La capitulation a été signée en réalité le 7 Mai en France dans une petite salle du collège technique de Reims par le général allemand Jodl. Mais l’histoire est restée célèbre : Staline voulait une capitulation dans Berlin occupée par l’Armée rouge ; donc une deuxième signature le 8 Mai dans la soirée a eu lieu. Le deuxième conflit mondial a fait 70 millions de morts. Il va se poursuivre jusqu’au 15 août 45, date la reddition du Japon après les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki.

Une nouvelle ère s’ouvre ensuite, la Guerre froide, une Europe coupée en deux. Et, aujourd’hui encore, des tensions qui persistent aux marges de l’actuelle Russie, en Ukraine. Demain le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, aux côtés de John Kerry ce 8 mai 2015 sur les Champs-Elysées, sera à Moscou pour les cérémonies de la victoire de la Grande guerre patriotique, cérémonies orchestrées par Vladimir Poutine.

Devoir de mémoire

Le Concours national de la résistance et de la déportation a récompensé une quarantaine de lycéens et de collégiens pour leurs travaux sur la Seconde Guerre mondiale. Un concours qui a lieu chaque année mais dont l'édition 2015 s'est déroulée à l'Elysée, en présence de François Hollande. L'occasion de rappeler aux élèves, le devoir de mémoire.

Devant un public silencieux, Louis Cortot s'avance sur l'estrade. Cet ancien résistant de 90 ans raconte comment et pourquoi il s'est engagé durant la guerre. Avant de lancer un message à la jeunesse. Des mots : « Réfléchissez, n’acceptez pas les injustices, interessez-vous à ce qui se passe en France, en Europe, dans le monde. Tout vous concerne. Agissez ».

Des mots écoutés très attentivement par Margot Hiver, lycéenne de 16 ans, l'une des lauréates de ce concours : « Cela nous permet de relativiser sur notre vie. Certaines personnes ont vécu des choses bien pires que nous. Notre vie n’est pas si mal que ça, comparée à la leur à cette époque-là  ». Una autre lycéenne ne veut pas l'oublier : « Il y a eu tellement d’horreurs qu’on ne veut pas que ça recommence. C’est bien de réaliser ce qui s’est passé. Et d'en être conscient ». Soixante-dix ans après le 8-Mai 1945, les jeunes lauréats ont tous la même question en tête : qu'aurais-je fait à la place des résistants ? Une question à laquelle ils avouent ne pas savoir quoi répondre. Reportage Alice Pozycki.

→ Ecoutez le Grand Reportage de Pascal Thibaut sur le travail de mémoire en Allemagne

→ Regarder le diaporama: 8 mai 1945, une victoire dans la joie et la douleur

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