France

Juppé sifflé, Hollande pilonné: la machine Sarkozy 2017 est rodée

Photo de famille à La Villette, à Paris, le 30 mai 2015, à l'occasion du lancement du parti Les Républicains autour de l'ancien président Sarkozy.
Photo de famille à La Villette, à Paris, le 30 mai 2015, à l'occasion du lancement du parti Les Républicains autour de l'ancien président Sarkozy. REUTERS/Philippe Wojazer

Onze ans après son sacre à l'UMP en 2004, Nicolas Sarkozy a été investi à la tête du mouvement Les Républicains, nouveau nom du principal parti d'opposition français, définitivement entériné lors d'un congrès fondateur samedi 30 mai 2015 à Paris. Les rivaux Alain Juppé et François Fillon ont été hués par une partie de la foule acquise à la cause de l'ancien président qui, lors d'un discours aux intonations de campagne présidentielle, a pilonné la gauche, accusée d'avoir « trahi » la République.

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Six mois après son retour à la tête de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), voilà Nicolas Sarkozy désormais patron du parti Les Républicains, un nouveau mouvement à sa main, taillé sur mesure pour servir de machine de guerre dans sa reconquête de l'Elysée. L'ancien chef de l'Etat ne s'en est d'ailleurs pas caché, appelant dès son discours d'intronisation son camp au sursaut pour préparer, dit-il, l'alternance.

Sa cible : « la gauche ». Nicolas Sarkozy n'a pas mâché ses mots, allant jusqu'à dénoncer ce qu'il appelle « la terrifiante médiocrité » du président Hollande. Alors que des procédures judiciaires avaient été intentées en vain, de part et d'autre, contre une possible « privatisation » du socle commun qu'est l'idée de République en France avec ce nom, « Les Républicains », l'ex-président a lancé :

« De quel droit et surtout, qui pourrait nous refuser le nom de Républicains ?... A ceux qui nous accusent de confisquer la République, nous répondons que, s'ils ne l'avaient pas trahie, s'ils ne l'avaient pas abandonnée, s'ils ne l'avaient pas abaissée, nous n'aurions pas besoin aujourd'hui de la relever. »

Des adversaires sifflés

En ce jour de congrès fondateur, les rivaux de M. Sarkozy ont été contraints d'assister à son sacre et quasiment au lancement de sa campagne sur le thème la « République de la confiance », et le tout sans broncher. Malheur à qui aurait déclenché les hostilités devant plusieurs milliers de militants sarkozystes gonflés à bloc. Sifflé, François Fillon n'a même pas réagi. Alain Juppé, conspué à son tour par une partie des convives, a mis en garde contre les diviseurs, soulignant que la société française avait besoin d'apaisement et non de revanche.

M. Juppé, qui avait été le premier président de l'UMP entre 2002 et 2004, a tout de même confié que les sifflets « lui faisaient de la peine », mais pour assurer aussitôt qu'ils n'entamaient pas sa « détermination ». Pour la photo de famille finale, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac s'est en revanche mis en arrière dans un premier temps. Mais Nicolas Sarkozy l'a envoyé chercher pour un côte à côte fraternel sur la scène.

Paroles de militants: choses entendues dans les travées du congrès fondateur du parti Les Républicains

Cap 2017 pour la droite

Malgré une assistance à dominante sarkozyste, parmi les possibles candidats à la primaire, Bruno Le Maire a été bien accueilli, après avoir pris largement sa part dans le combat contre la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem. Dans son discours, l'ancien ministre de l'Agriculture a fait fort, trouvant le moyen de ne citer ni Nicolas Sarkozy, ni le nouveau nom du parti.

La bataille des primaires, qui aura lieu dans 18 mois, promet donc de mettre très vite à rude épreuve l'image de rassemblement et d'unité tant bien que mal affichée à Paris ce samedi par les cadres du parti Les Républicains. Mais la véritable « guerre » devra attendre l'après-régionales, dernier rendez-vous électoral en décembre prochain avant la grande ligne droite de la présidentielle de 2017.


• La République « trahie » ? Valls répond

Le Premier ministre Manuel Valls, en déplacement à Trente aux côtés de son homologue italien Matteo Renzi, s'est brièvement chargé de répondre le jour même à la charge de Nicolas Sarkozy contre le gouvernement et François Hollande:

« Je pense que le pays a besoin d'un autre débat politique et d'autres formules. Nous l'avons montré ici, avec deux chefs de gouvernement de la même génération et qui vont de l'avant, qui veulent réformer nos pays, qui ont compris que les vieilles recettes politiques ne doivent plus être utilisées. Ces mots, non seulement visent à blesser les adversaires -ma foi c'est la vie politique-, mais ils blessent inutilement le pays. Il faut sortir de ce goût de revanche, des insultes inutiles qui ne font pas avancer le débat et qui creusent encore un peu plus les différences. »

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