France

Nicolas Sarkozy sur l'immigration: «Une grosse fuite d’eau»

Nicolas Sarkozy, le 30 mai dernier lors du congrès fondateur du mouvement politique Les Républicains.
Nicolas Sarkozy, le 30 mai dernier lors du congrès fondateur du mouvement politique Les Républicains. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En plein drame des migrants, à l'avant-veille d'une journée mondiale consacrée à leurs souffrances, l’ancien président français Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à comparer jeudi 18 juin l’afflux des demandeurs d’asile en Europe à « une grosse fuite d’eau ». L'occasion pour lui de railler la proposition de la Commission européenne, qui cherche à répartir les arrivants entre les pays de l’Union. Les propos du président du parti Les Républicains sont vivement dénoncés à gauche.

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Comparer l’immigration à « une grosse fuite d’eau », Nicolas Sarkozy a osé. C'était jeudi soir devant des militants complètement hilares. « C’est un peu, si vous voulez, comme une maison dans laquelle vous habiteriez. Il y a une canalisation qui explose. Elle se déverse dans la cuisine. Le réparateur arrive et vous dit : " J’ai une solution. On va garder la moitié pour la cuisine, on va mettre un quart dans le salon, l’autre quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas, on a en réserve la chambre des enfants. " »

« Un sketch immonde ! », a immédiatement dénoncé l’élue socialiste Marie-Pierre Mossion de La Gontrie. « Quand le rire gras accompagne la xénophobie », a renchéri le patron des députés du PS Bruno Le Roux. Pour le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen, c'est tout bonnement « un manque de respect pour les personnes concernées. »

« Quelle que soit la fermeté avec laquelle on agit, il faut le faire avec le respect et la dignité des personnes. Mais c’est aussi un manque de respect pour les Français. Il y a un décalage, me semble-t-il. La vulgarité n’est pas une bonne façon de faire de la pédagogie », considère M. Le Roux.

La stratégie du « gros rouge qui tache »

« Tous les responsables politiques doivent dans l'attitude comme dans le langage être au niveau de ce que les Français attendent », a pour sa part réagi le Premier ministre Manuel Valls face à la presse, en marge du Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget. « Tous les mots qui blessent, qui divisent, les insultes (...), les Français n'en veulent plus et n'en peuvent plus », considère le chef du gouvernement.

« Nicolas Sarkozy a de la fuite dans les idées, il continue son numéro de stand up de mauvais goût (...) Il semblerait qu'il prend des cours de blagues bêtes et méchantes auprès de Jean-Marie Le Pen », raille la porte-parole du PS Corinne Narassiguin, tandis que Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) s'est fendu d'un tweet : « Chance : si Sarkozy a une fuite de cerveau, il ne peut pas y en avoir partout. »

Les critiques de la gauche n’y feront rien cependant. Voici revenue la stratégie du « gros rouge qui tache », que Nicolas Sarkozy avait conceptualisée en 2009, à la veille des régionales. A six mois d’un nouveau scrutin, le patron du parti Les Républicains avait déjà annoncé qu'il entendait également, désormais, relancer le débat sur le droit du sol.

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