France/Justice

François Pérol, l'ex-collaborateur de Sarkozy, devant la justice

Le président du groupe Banque populaire - Caisse d'Epargne et de Natixis, Francois Perol, lors de l'annonce des résultats annuels, à Paris, le 23 février 2011.
Le président du groupe Banque populaire - Caisse d'Epargne et de Natixis, Francois Perol, lors de l'annonce des résultats annuels, à Paris, le 23 février 2011. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'ancien bras droit de l'ex-président français, Nicolas Sarkozy, est jugé ce matin à Paris pour conflit d'intérêts après avoir pris la tête d'un groupe bancaire privé dont il avait supervisé la fusion depuis l'Élysée. Il est accusé d'avoir enfreint les règles encadrant le passage de la fonction publique au privé.

Publicité

François Pérol, secrétaire adjoint de l’Élysée de 2007 à 2009, pouvait-il prendre les commandes du groupe Banque Populaire - Caisse d’Épargne, groupe dont il avait piloté le mariage ? Pour l'accusation, l'ex-bras droit de Nicolas Sarkozy a bien franchi la ligne rouge. Le Code pénal interdit à un agent public de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée, afin d'éviter tout conflit d'intérêts. Il faut du moins respecter un délai de trois ans.

François Pérol, dont le procès débute le 22 juin, encourt deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Mais pour sa défense, l'intéressé affirme ne pas être sorti du cadre de ses fonctions et n'avoir joué qu'un rôle d'information dans le rapprochement des deux banques. Il déclare par ailleurs avoir accepté la direction de la nouvelle entité comme une mission.

Reste que cette affaire avait, à l'époque, provoqué la fureur de la commission de déontologie. « Ce procès est celui d'un système, celui de la période Sarkozy » accuse Jérôme Karsanti, avocat de l'association anticorruption, Anticor. « En l'espèce, la question posée est de savoir si François Pérol pouvait ou ne pouvait pas être nommé à la tête du groupe nouvellement constitué de la BCPE », rappelle l'avocat, qui dénonce un non-respect « de la règle de droit et de la déontologie et de l'éthique » à l'époque.

Claude Guéant et Nicolas Sarkozy ont tous deux été cités comme témoins, mais l'ex-président a déjà prévenu qu'il ne viendra pas s'expliquer à la barre. Jérôme Karsanti souhaite pourtant que les deux hommes « exposent le rôle précis de François Pérol dans cette opération de fusion des deux banques » et que Claude Guéant explique pourquoi il « n'a pas saisi la commission de déontologie ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail