France

Affaire Vincent Lambert: la famille reste divisée jusqu'au bout

Viviane Lambert (g) la mère de Vincent Lambert, ce mercredi 15 juillet, devant l'hôpital de Reims, où elle était convoquée pour un conseil de famille pour mettre en place la procédure de fin de vie
Viviane Lambert (g) la mère de Vincent Lambert, ce mercredi 15 juillet, devant l'hôpital de Reims, où elle était convoquée pour un conseil de famille pour mettre en place la procédure de fin de vie AFP PHOTO / FRANCOIS NASCIMBENI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La famille de Vincent Lambert continue de se déchirer sur son sort. Mercredi 15 juillet, elle a participé à des réunions d’information à l’hôpital de Reims, où le jeune homme tétraplégique et en état végétatif irréversible est suivi depuis 7 ans. Après deux ans de bataille judiciaire, les médecins de Vincent Lambert s’apprêtent à appliquer la décision de la Cour européenne des droits de l’homme qui, le 5 juin dernier, a suivi le Conseil d’Etat français et validé l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielles du patient.

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Depuis la décision de la justice européenne, l’hôpital de Reims a le droit de cesser les traitements qui maintiennent artificiellement en vie Vincent Lambert. Mais pour limiter les risques juridiques et essayer d’apaiser les tensions familiales, l’équipe du docteur Daniela Simon a préféré lancer une nouvelle procédure collégiale avant de décider du sort du patient.

François, le neveu de Vincent Lambert, espère malgré tout que l’épilogue est proche.
« J’espère que l’épilogue est proche parce que déjà légalement le docteur Simon ne peut pas prendre notre décision. Ensuite, elle à l’air très déterminé. Elle a déjà arrêté les traitements de Vincent en avril 2013. C’est ce qui avait donné naissance à l’affaire Vincent Lambert. Elle a fait un constat médical sur Vincent parce qu’elle a fait des tests pour actualiser ce qui avait été fait au Conseil d’Etat. Sans surprise, l’état médical de Vincent ne s’est pas du tout amélioré. L’épilogue sera là, c’est juste à quel prix ? »

« Vincent n’aurait pas voulu vivre comme ça »

« Est-ce qu’on va retourner au tribunal pour retarder un peu plus la sérénité et le besoin d’intimité avec Vincent ou est-ce que jusqu’au bout on aura des procès, s'interroge encore le neveu de Vincent Lambert. Si Vincent était la personne qu’il a été, c’est sûr qu’il n’aurait pas voulu vivre comme ça, il l’avait dit à des amis infirmiers, à des amis proches, à Rachel, son épouse.»

Les parents de Vincent Lambert, eux, restent déterminés. A l’issue du conseil de famille, à l’hôpital de Reims, ils ont demandé le départ du docteur Simon et se disent prêts à introduire de nouveaux recours en justice.

Un recours en justice est-il encore possible ?

Nicolas Hervieu est juriste au Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (CREDOF). Il explique que c’est uniquement un recours en référé devant le juge administratif des référés qui pourrait faire obstacle à l’exécution de la décision de fin de vie. Le juge qui serait saisi « devrait se prononcer à brève échéance sous 48 heures, voire un peu plus ». Mais compte tenu de la décision adoptée par le Conseil d’Etat et ensuite par la Cour européenne des droits de l'homme(CEDH), « il y a très peu de chance que ce recours prospère, estime le juriste, parce que toutes les questions juridiques majeures qui étaient posées lors de la première procédure ont été résolues et ont donc ouvert la voie à la décision de fin de vie. »

Reste à savoir si le juge administratif considérera que la situation médicale de Vincent Lambert a évolué et si tel n’est pas le cas, « il y a de fortes chances qu’il rejette rapidement le recours, ce qui permettrait de faire cesser la procédure et donc permettrait que la décision de fin de vie puisse être mise en œuvre à brève échéance », précise Nicolas Hervieu. 

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