France

FN: à Marseille, le conflit Le Pen père-fille sème le trouble

La guerre ouverte au sein de la famille Le Pen n'en finit plus de créer des remous au sein du parti.
La guerre ouverte au sein de la famille Le Pen n'en finit plus de créer des remous au sein du parti. AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD / ALAIN JOCARD
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Nouvelle victoire judiciaire pour Jean-Marie Le Pen. Mardi 28 juillet 2015, la cour d'appel de Versailles a donné raison au fondateur du Front national, en invalidant la tenue du congrès «postal» qui risquait de le destituer de son titre de président d'honneur du parti français d'extrême droite. Une destitution souhaitée par la fille de M. Le Pen, Marine, présidente du parti. A Marseille, où doit avoir lieu la prochaine université d'été du parti les 5 et 6 septembre prochain, cadres militants et sympathisants sont plus que jamais divisés face à cette histoire de famille.

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La division au sein du Front national n'en finit plus de faire couler de l'encre. Dans le journal Le Parisien, la petite-fille du fondateur du FN, Marion Maréchal-Le Pen, dit avoir « honte de ce spectacle », elle qui doit mener la liste du parti aux élections régionales de décembre prochain en Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA).

Dans la région de Marseille justement, où se tiendra la prochaine université d'été - sorte de réunion de la dernière chance pour éviter d'arriver en ordre dispersé aux élections régionales de décembre - Jean-Marie conserve de solides amitiés. Mais aussi une forte capacité de nuisance, puisqu'une frange dissidente du Front national (ils réfutent ce terme) a même préparé pour lui une liste parallèle à celle du FN. Ce qui a provoqué plusieurs mises à pied.

« Mise au placard est injuste »

Le « menhir est inébranlable », se réjouit ainsi, ce mercredi, le militant frontiste Laurent Comas, devenu conseiller régional et municipal en PACA, et qui défend toujours son chef historique contre la direction de son propre parti. C'est lui qui a proposé à Jean-Marie Le Pen de lui préparer une liste indépendante, avant de se faire mettre à pied tout récemment.

Au micro de notre correspondant à Marseille, Stéphane Burgatt, il explique que le climat au sein du FN est devenu délétère : « Aujourd'hui, nous ne sommes pas au Front national, nous sommes au " front déloyal ". Jusqu'où ira cet acharnement contre Jean-Marie Le Pen ? » Pour lui, la décision de la cour d'appel est « un soulagement, parce que cette mise au placarde Jean-Marie Le Pen est injuste », défend-il.

« Grands-pères un peu grincheux »

A l'inverse, cette victoire judiciaire est inutile et ne fait que retarder l'échéance, estime Denis, un chauffeur de Marseille âgé de 30 ans qui a toujours voté Front national et qui décrit un parti en pleine mue. Selon lui, inéluctablement, une page doit se tourner : « Ils passeront un cap. Il y a un nouveau Front national qui vient de débarquer. Ça fait quelque temps que le FN a perdu tous ses vieux grands-pères un peu grincheux. »

Le jusqu'au-boutisme de Jean-Marie Le Pen, qui a servi à bâtir sa réputation pendant ses longues décennies de carrière politique, semble agacer aussi, aujourd'hui, une frange non négligeable de l'électorat frontiste. A l'image de cette mère de famille de 42 ans, qui pointe le grand âge du fondateur du parti (87 ans) : « Il n'a plus toute sa tête lui aussi. Il en veut un peu à sa fille, elle est plus tolérante que le père. »

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