France

Attaque du Thalys: le suspect se serait rendu en Syrie

Des policiers français dans le train Thalys où un homme armé a ouvert le feu vendredi 21 août avant de se faire neutraliser.
Des policiers français dans le train Thalys où un homme armé a ouvert le feu vendredi 21 août avant de se faire neutraliser. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Au lendemain du carnage évité par l’intervention de plusieurs passagers dans un train transfrontalier à grande vitesse, un Thalys reliant Amsterdam et Paris, l’enquête sur l’identité du suspect avance ce samedi 22 août 2015. L’homme arrêté, entendu par la police française, serait un Marocain, connu des services de renseignement, et qui a séjourné en Espagne et en France. Il se serait par ailleurs rendu en Syrie.

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Les circonstances de l’attaque de vendredi, dans le train Thalys Amsterdam-Paris, se précisent à mesure que l’enquête avance. Selon le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, l’individu a été arrêté grâce à l’intervention de plusieurs voyageurs. Un premier passager, un Français, a tenté de le désarmer, sans succès, et « plusieurs coups de feu » ont été tirés par l’homme qui sortait des toilettes du train « porteur d’une kalachnikov en bandoulière », selon M. Cazeneuve.

L’une des balles tirées alors a touché un passager « sur son siège ». C’est ensuite un groupe d’Américains, dont deux militaires en vacances, qui sont intervenus et sont parvenus à neutraliser l’individu. L’un des militaires américains a été blessé, et a subi une intervention « avec succès » dans un hôpital de la région lilloise, dans le nord de la France.

Un Marocain qui serait passé en Syrie

L’agresseur présumé, interpelé par la police à l’arrivée du train en gare d’Arras, dans la région Nord-Pas-de-Calais, est actuellement entendu par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, près de Paris. Sa garde à vue pourra durer jusqu'à 96 heures, comme le prévoient les dispositifs en matière de terrorisme.

Bernard Cazeneuve a appelé à la prudence, soulignant qu’« il convient de rester prudent quant à son identité, qui n'est pas encore établie avec certitude ». Mais « si l’identité qu’il déclare venait à être confirmée, elle correspondrait à un individu de nationalité marocaine, âgé de 26 ans, signalé par les autorités espagnoles aux services de renseignement français en février 2014, du fait de son appartenance à la mouvance islamiste radicale », a ajouté le ministre lors d’une conférence de presse.

Un signalement qui a « aussitôt conduit la DGSI à émettre une fiche S à l’encontre de cette personne, afin de pouvoir la repérer dans le cas d’une éventuelle venue de cette personne sur le territoire national. Il est désormais établi que cette personne a résidé en 2014 en Espagne, puis en 2015 en Belgique », a précisé Bernard Cazeneuve.

La fiche S, pour « sûreté de l’Etat », émise par la Direction générale de la sécurité intérieure n’implique pas forcément de surveillance permanente des suspects. Elle comporte seize niveaux, en fonction de la dangerosité présumée des personnes fichées. Mehdi Nemmouche, Mohammed Merah, Sid Ahmed Ghlam ou encore Yassin Salhi figuraient, ou ont figuré, dans ce fichier des services français.

Le quotidien espagnol El Pais va plus loin, et affirme que le suspect aurait voyagé en Syrie. Une thèse confirmée par une source anonyme au sein des services de lutte antiterroriste espagnols. « Il a vécu en Espagne, à Algésiras [en Andalousie, NDLR] pendant un an, jusqu'en 2014, puis a décidé de déménager en France. (…) Une fois en France, il s'est déplacé en Syrie, avant de rentrer en France », précise cette source citée par l’Agence France-Presse.

Enquête antiterroriste en Belgique aussi

Dès les heures qui ont suivi l’attaque, les autorités belges, par la voix du Premier ministre Charles Michel, ont évoqué une « attaque terroriste ». Ce samedi, le parquet fédéral belge a annoncé ouvrir une enquête « sur la base de la loi antiterrorisme », le porte-parole du parquet fédéral précisant à l'Agence France-Presse que la justice belge s'était saisi de l'affaire, car « le suspect est monté dans le train à Bruxelles ».

Les autorités françaises se sont montrées plus prudentes quant à la qualification à donner à ces faits. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, venu à Arras pour rencontrer les blessés, avaient d’abord évoqué « la violence barbare d’un passager ». Mais le député socialiste Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la loi renforçant la lutte contre le terrorisme adoptée en novembre dernier, estimait pour sa part, samedi matin sur France Info, que « tous les indices montrent que c'est vraisemblablement un acte terroriste qui a été voulu par cet individu », a ainsi déclaré au micro de nos confrères de France Info.

Bernard Cazeneuve

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