France

L’université d’été du PS s’ouvre dans la discorde

Tant pis pour Jean-Christophe Cambadélis qui voulait rassembler le PS.
Tant pis pour Jean-Christophe Cambadélis qui voulait rassembler le PS. AFP PHOTO/ JACQUES DEMARTHON
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'université d'été de La Rochelle, rendez-vous traditionnel des socialistes, ouvre ses portes ce vendredi. C’est la quatrième université d'été depuis l'accession au pouvoir de François Hollande. Et l'unité n'est toujours pas au rendez-vous.

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Cette fois, les socialistes n'ont pas attendu d'être à La Rochelle pour afficher leurs divisions. Dès ce jeudi, les réformistes et les frondeurs ont réuni quelques centaines de partisans, chacun de leur côté. A Léognan pour les premiers et à Marennes pour les seconds. Histoire de bien afficher leurs différences.

Tant pis pour le rassemblement tant désiré par Jean-Christophe Cambadélis après le congrès de Poitiers. Pas question de céder un pouce de terrain sur le plan de l'affichage idéologique, mais aussi médiatique, entre l'aile droite du PS qui défend le pragmatisme et l'aile gauche qui dénonce la petite musique libérale du gouvernement.

Du coup, la question de savoir si l'université d'été de La Rochelle a encore un sens peut se poser puisque les débats ont eu lieu en amont. On peut aussi se demander quel est le rôle du parti socialiste entre le gouvernement, les courants et les militants.

A moins de deux ans de la présidentielle, Jean-Christophe Cambadélis voulait profiter de La Rochelle pour élargir les lignes, rassembler au-delà du PS. Ce sera peut-être plus facile qu'à l'intérieur. De ce point de vue, le coup d'éclat de François de Rugy et de Jean-Vincent Placé qui ont annoncé leur départ d'Europe Ecologie-Les Verts, accusé de dérive gauchiste, est tombé à pic.

Attirer l'électorat écologiste

Car les grandes manœuvres de pré-campagne présidentielle ont déjà commencé à gauche. Officiellement, pas un socialiste en cette rentrée ne se réjouit des divisions chez les écologistes. Il faut bien un interlocuteur, et un seul, pour parler alliances, tenter de sauver des régions pour limiter la défaite annoncée, dit-on rue de Solférino.

En réalité, l’Elysée, sans le dire, joue depuis des mois sur les tensions internes au parti. Invitation en déplacement officiel à l’étranger, rendez-vous réguliers en tête à tête inscrits à l’agenda officiel du président, tout est fait pour valoriser les écologistes pro-hollande. Avec en tête une stratégie : si d’autres élus quittent Europe Ecologie-Les Verts et fondent un parti qui soutient le président, voilà qui lui permettra de s’afficher en rassembleur d’une grande partie de la gauche.

C’est aussi pour cela que François Hollande veut un succès à la conférence pour le climat en décembre prochain, pour attirer à lui un électorat écologiste déboussolé par les divisions du parti, donner des signaux pour rassembler le plus possible, des élus aux électeurs, du rose au vert. C’est pour le président pour espérer passer la barre du premier tour de la présidentielle.

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