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France / Politique

FN: une université d’été sous tension

Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Paris, le 13 juillet 2015.
Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Paris, le 13 juillet 2015. AFP PHOTO / LOIC VENANCE
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Lors de son université d’été, qui se tient ce week-end à Marseille, le Front national veut mettre l’accent sur la crise migratoire et lancer sa campagne des régionales. Mais Jean-Marie Le Pen, récemment exclu du parti pour ses provocations répétées, pourrait venir perturber la fête frontiste…

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Crise des migrants, immigration, terrorisme… tous ces sujets sont au menu ce week-end des travaux de l’université d’été du Front national. Le parti d’extrême droite compte sur ces deux jours de débats pour lancer sa campagne des régionales. Mais à la veille de l’ouverture de l’UDT, l’inquiétude grandit dans les rangs frontistes. Marine Le Pen va-t-elle parvenir à faire entendre sa voix ? Son discours ne risque-t-il pas d’être pollué par la probable venue de son père ? Car, malgré son exclusion du FN le 20 août dernier, Jean-Marie Le Pen semble plus décidé que jamais à s’inviter à la fête frontiste. « J’ai dit que j’irai à l’UDT, donc j’irai », assurait-il mardi à l’AFP. « Je ne suis ni étudiant, ni professeur. Ces universités me paraissent être un prétexte, mais puisqu’elles se passent à Marseille, capitale de la région dont je suis élu à plus d’un titre, il est assez normal que j’y sois ». Et une fois sur place, le patriarche compte bien voler la vedette à sa fille.

Un scénario qui inquiète au plus haut point l’entourage de Marine Le Pen. Au Carré à Nanterre (siège du FN), personne n’a envie de revivre l’épisode du 1er mai dernier lorsque Jean-Marie Le Pen, habillé de sa parka rouge, était monté sur la scène de la place de l’Opéra, poings levés, juste avant le discours de sa fille… Quelle attitude adopter alors ? Lui interdire l’accès du parc Chanot là où se déroulera l’Université d’été ? La stratégie n’est pas sans risques. Les images d’un Jean-Marie Le Pen se faisant refouler à l’entrée par d’anciens fidèles seraient désastreuses... La présidente du FN est donc revenue sur sa position initiale. Si sa venue « n’est pas souhaitée », il n’est plus question de lui interdire l’accès au site. « Le but, c’est de ne pas le ″victimiser″, donc de ne pas créer d’incident », confie un haut cadre frontiste. L’idée serait donc le laisser entrer seul, de lui permettre de déambuler parmi les militants, sans pour autant l’autoriser à monter sur scène. Jean-Marie Le Pen est-il alors assuré de pouvoir entrer ? « Ça dépendra des conditions sur place », précise toutefois ce membre influent de l’appareil frontiste. En clair, hors de question de le laisser pénétrer s’il vient accompagné de ses soutiens et si la situation se tend.

La venue du patriarche suscite de telles craintes au sein de la formation d’extrême droite que certains ont tenté cette semaine, en souterrain, d’opérer une médiation entre père et fille. « Des personnes ont été mandatées et d’autres de leur propre chef ont fait la navette », confirme un cadre de premier plan. A la manœuvre notamment, Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen, qui n’était pas favorable à l’exclusion du patriarche. Mais la tentative de médiation « a capoté », selon un proche du fondateur du Front national. Pour au moins deux raisons. D’abord, « Jean-Marie Le Pen n’est pas quelqu’un qu’on raisonne », analyse un de ses plus fidèles soutiens. Ensuite, les propos de sa fille n’ont pas contribué à apaiser les choses. Bien au contraire. En comparant mercredi son père à une Femen, Marine Le Pen a « soufflé sur les braises, regrette un vieux compagnon de route du Menhir, ça a accentué le problème ». « C’était une façon de relativiser », minimise-t-on dans l’entourage de la présidente du FN. Mais désormais, entre père et fille, « c’est le black-out total », se désole un ami du père.

Le fondateur du FN a déjà en partie réussi son coup. En réunissant ce samedi à la mi-journée 400 fidèles dans un restaurant de la cité phocéenne, il est parvenu à créer un contre-évènement et à capter l’attention autour de sa personne. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Selon une ancienne élue frontiste qui participera à ce déjeuner, les convives auraient projeté de se rendre, une fois le repas terminé, en direction du parc Chanot, avec pancartes, banderoles et affiches à la gloire du père-fondateur du parti. Tous accompagneraient, lors d’une « procession joyeuse », Jean-Marie Le Pen jusqu’à l’entrée de l’Université d’été. Ce dernier entrerait seul, « pour ne pas créer d’incidents ». Une autre source évoque sa venue non pas samedi mais dimanche. Quoi qu’il en soit, la tension risque d’être extrême. A tel point que certains redoutent le pire. « Ça va péter », prédit dépité un proche du Menhir.

Jean-Marie Le Pen à la fin de son audition par le bureau exécutif du Front national, le 20 août 2015.
Jean-Marie Le Pen à la fin de son audition par le bureau exécutif du Front national, le 20 août 2015. REUTERS/Christian Hartmann

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