France / Justice

La colère des policiers sous les fenêtres de Christiane Taubira

La ministre française de la Justice, Christiane Taubira, est dans le collimateur des policiers après l'agression de l'un d'eux la semaine dernière.
La ministre française de la Justice, Christiane Taubira, est dans le collimateur des policiers après l'agression de l'un d'eux la semaine dernière. REUTERS/Philippe Wojazer

Les policiers français défilent, ce mercredi 14 octobre, à l’appel de l’ensemble des syndicats, sous les fenêtres de la garde des Sceaux à Paris ou devant les tribunaux en province. Leur cible, c'est la justice, mise en cause depuis l'agression la semaine dernière de l'un d'entre eux. Actuellement entre la vie et la mort, la victime s'est fait tirer dessus par un braqueur en fuite, qui s'est révélé être un détenu en cavale. Celui-ci n'était pas rentré dans son établissement carcéral à l'issue d'une permission.

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Une manifestation de policiers devant le ministère de la Justice, la scène a déjà été vue en 1983. Le garde des Sceaux d'alors, Robert Badinter, avait été qualifié d'« assassin ». 32 ans plus tard, le souvenir ne s'est pas effacé et Bernard Cazeneuve demande aux forces de l'ordre de ne pas opposer les deux institutions.

« Evitez les emportements et tous les propos qui affaiblissent la relation entre la police et la justice, a déclaré le ministre de l'Intérieur, mardi 13 octobre. Car à chaque fois que la police et la justice s'éloignent l'une de l'autre, c'est un chemin qui s'ouvre pour tous ceux qui ne connaissent jamais la loi ni le droit. »

Mais pour les syndicats de police, l'agression du policier marque une « rupture de confiance » entre les deux administrations. Et si pour Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité SGP Police, l'heure n'est pas au divorce, il y a des questions à se poser.

« Comment peut-on accepter aujourd'hui que nous ayons 230 permissionnaires qui sont en phase d'évasion ? La justice aujourd'hui est en plein dysfonctionnement et ceux qui en pâtissent, ce sont les forces de l'ordre », explique-t-il au micro de RFI.

Le gouvernement a annoncé que la réglementation des autorisations de sortie de prison serait modifiée. A quel point ? C'est le Premier ministre qui devra trancher.

Il y a en permanence un abîme entre ce que dit le gouvernement et ce qu'il fait. Les policiers ne sont pas dupes, ils le disent et ils l'expriment aujourd'hui avec beaucoup de colère.

Eric Ciotti

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