France

France: un avocat tire sur le bâtonnier de Melun avant de se suicider

La tentative d'assassinat a eu lieu au tribunal de Melin où le bâtonnier devait notifier ce jeudi à l'avocat son interdiction d'exercer.
La tentative d'assassinat a eu lieu au tribunal de Melin où le bâtonnier devait notifier ce jeudi à l'avocat son interdiction d'exercer. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

Le bâtonnier de Melun, en région parisienne, a été victime ce jeudi 29 octobre d’une tentative d’assassinat. Son agresseur, un avocat qui s’est ensuite suicidé, l’avait déjà menacé.

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Il est 9h30 ce jeudi matin lorsqu’un avocat tire à trois reprises sur le bâtonnier de Melun, Henrique Vannier. L’avocat, Me Joseph Scipilliti, retourne ensuite l’arme contre lui. Grièvement blessé, Me Henrique Vannier a été opéré dans un hôpital de région parisienne. Ce soir, son pronostic vital n’est plus engagé.

Quelques heures avant d'ouvrir le feu sur son bâtonnier, Joseph Scipilliti a envoyé à quelques personnes un long texte de 240 pages, titré Journal indélicat. Un journal qui, a posteriori, fait figure de testament. Dès l'introduction, l'avocat – proche de l'extrême droite – évoque son conflit avec le bâtonnier. Il incarnait tout ce qu'il combattait, écrit-il. Et il assure que Me Henrique Vannier « avait fait connaître son intention d'en finir » avec lui « dès avant sa prise de fonctions en 2014 ».

L'origine du contentieux entre les deux hommes reste floue. Mais dans cette dispute, Me Scipilliti avait proféré des injures et menaces – orales comme écrites – à l'encontre du bâtonnier. Ces manquements déontologiques lui ont valu une procédure disciplinaire entamée en octobre 2014 et une suspension de trois ans prononcée en mai dernier par le Conseil régional de discipline de l'ordre des avocats. C'est cette interdiction d'exercice professionnel que Me Vannier devait lui notifier ce jeudi matin.

Après cette tentative d’assassinat, le président du Conseil national des barreaux, qui représente l’ensemble des avocats français, s’est dit « stupéfait, consterné et ahuri ». La ministre de la Justice Christiane Taubira a quant à elle fait part dans un communiqué de son « effroi ».

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