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France

«Ma place est dans la salle»: le monde du théâtre réagit aux attentats

Le vendredi 18 décembre, les affiches de 104 spectacles verront leur titre remplacé par «Ma place est dans la salle».
Le vendredi 18 décembre, les affiches de 104 spectacles verront leur titre remplacé par «Ma place est dans la salle». Fred&Farid/Ma place est dans la salle.
Texte par : Maati Bargach
4 min

Après les attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre, les salles de spectacles ont accusé le coup. Pendant ce mois de décembre, la vente de billets est toujours en recul. Une opération de communication a été lancée par les professionnels. Vendredi 18 décembre, « Ma place est dans la salle » remplacera les titres de 104 spectacles. Objectif : relancer la fréquentation des salles, alors que la période des fêtes de décembre est habituellement bénéfique pour ce secteur.

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Les ventes de billets de spectacles ont baissé de 80% lors de la semaine qui a suivi les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts. Ces attaques ont notamment frappé la salle du Bataclan, dans le XIe arrondissement de Paris où 89 personnes ont péri lors du concert du groupe Eagles of Death Metal.

Sûrement en raison de la peur, la fréquentation des salles de spectacles reste encore en retrait par rapport à la normale, selon le Prodiss, un syndicat d’entrepreneurs du spectacle. Pourtant, le mois de décembre représente habituellement près d’un quart des ventes de l’année.

Des professionnels du spectacle ont donc imaginé une opération : « Ma place est dans la salle ». Soutenue par le ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Paris et le groupe Audiens, cette opération vise à inviter « partout en France, le public […] à prendre sa place et à se rendre dans les salles pour revendiquer, à travers photos, vidéos et témoignages, leur envie de continuer à aller au spectacle », affirme le communiqué des organisateurs de l'événement.

« C'est un appel aux citoyens »

« Lors d’une réunion avec des producteurs, nous avons eu cette idée, explique Laurent Bentata, directeur de Stage Entertainment, une société de production de spectacles. Nous nous sentions le devoir de faire ce que nous savons faire de mieux : créer du contenu positif. Cet appel, " Ma place est dans la salle ", n’a pas seulement un sens économique pour nous mais aussi un sens politique. C’est un appel aux citoyens. »

Conçue comme un « grand acte de résistance et de solidarité », l’objectif de cette opération est de « défendre la liberté d’expression, la création dans toute sa diversité et de partager des émotions avec [le public] ». Celui-ci pourra ainsi « assouvir sa soif de découverte, de culture et s’émouvoir, rire, danser ou chanter », insiste le communiqué.

Laurent Bentata ajoute pour sa part que « la culture est une composante essentielle de notre société. Elle fait partie de nos vies et c’est important de la défendre, de promouvoir sa diversité. On a la chance d’avoir à Paris 400 spectacles qui sont joués chaque soir, par exemple ».

Ce seront au total 104 spectacles qui, le vendredi 18 décembre, remplaceront leur titre d’origine par « Ma place est dans la salle ».

L’opération sera également relayée toute la journée, notamment sur les réseaux sociaux (avec le hashtag #MaPlaceEstDansLaSalle), par des célébrités comme Patrick Bruel, Juliette Gréco, Fabrice Luchini, Pierre Arditi ou encore Gad Elmaleh.

« Tout s’est arrêté le 13 novembre »

« Tout s’est arrêté le 13 novembre », estime Thierry Suc. La comédie musicale qu’il produit, Résiste, au Palais des Sports, vend aujourd’hui « un tiers de ce qu’elle vendait chaque jour avant les attentats », estime-t-il.

« Tout le monde était conscient qu’il fallait faire quelque chose, exprimer notre solidarité », a expliqué à l’AFP Philippe Lhomme, patron du Crazy Horse, qui fait partie de l’opération. Le cabaret subit une baisse de fréquentation de 35 % à 50 % depuis les attentats.

Le théâtre public a également souffert de la baisse de fréquentation par les jeunes, notamment en raison de l’interdiction des sorties éducatives en Île-de-France, levée début décembre. Cette interdiction a vidé les séances scolaires pendant les deux semaines qui ont suivi les attentats. Par exemple, durant le mois qui a suivi les attentats, 8 000 places d’enfants et de jeunes sont restées vacantes au Théâtre de la Ville, indique son directeur Emmanuel Demarcy-Mota.

« Aujourd’hui, la machine se relance un peu », estime Laurent Bentata. Le spectacle qu’il produit actuellement, à Mogador, Cats, a connu une baisse de fréquentation de 15 % à 20 %. Laurent Bentata espère un taux de remplissage à 90 %, voire à 95 % pour les fêtes.

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