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Salon de l’agriculture

France: la crise de la première agriculture de l’Union européenne

Le Salon de l'agriculture à Paris s'est ouvert ce week-end dans un contexte de forte tension sociale dont le président Hollande a fait les frais lors de sa visite samedi.
Le Salon de l'agriculture à Paris s'est ouvert ce week-end dans un contexte de forte tension sociale dont le président Hollande a fait les frais lors de sa visite samedi. REUTERS/Benoit Tessier
Texte par : Francine Quentin
3 mn

L'agriculture française, la première de l'Union européenne avec 18% de la production communautaire, va mal. Les éleveurs ont vu le prix du lait et de la viande s'effondrer en 2015 en raison de l'embargo russe, de la baisse de la demande chinoise et de la suppression des quotas laitiers. Les céréaliers, sont touchés par la chute des cours mondiaux du blé. Et l'hiver très doux a entraîné la baisse du prix des légumes payés aux maraîchers. Le Salon de l'agriculture qui s'est ouvert samedi se déroule dans un climat particulièrement lourd, dont le Président de la République François Hollande a fait les frais.

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La révolte gronde dans les campagnes et parfois le désespoir aussi. Michel Rodalec, éleveur laitier en Bretagne, explique qu’avec vingt-cinq vaches son père a pu entretenir une famille de cinq enfants. Lui-même et son associé, qui disposent ensemble de cent vaches, ne parviennent que difficilement à faire vivre leurs six enfants. C’est bien le signe, selon lui, de la dégradation du niveau de vie des agriculteurs en une génération.

Les prix de la viande bovine, porcine et du lait se sont effondrés et de nombreux agriculteurs vendent désormais à des prix inférieurs à leur coût de production.

Plus ils produisent, plus ils perdent. Les éleveurs laitiers s'attendent à une chute de leurs revenus de 40 à 50%. Le gouvernement a mis sur la table 825 millions d'euros d'aides depuis l'été. Les charges sociales des agriculteurs ont aussi été abaissées.

Actionner tous les leviers pour sortir de la crise

Manuel Valls appelle maintenant la Commission européenne à prendre des dispositions pour redresser les marchés. Du côté de Bruxelles on semble estimer que les mesures de stockage pour alléger la surproduction de lait sont déjà un maximum. Prudent, le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, affirme avoir pris la mesure du problème mais, à l'exception de sa volonté de faire lever l'embargo russe sur les produits européens, il ne s'engage pas avant le prochain conseil des ministres de l'agriculture à la mi-mars. Là, les éventuelles décisions devront atteindre le consensus des Vingt-huit.

A qui revient alors l'initiative de lancer les mesures urgentes et aussi les réformes à plus long terme pour sortir l'agriculture française de la crise où elle s'enfonce ? Pour
Laurent Pinatel porte-parole de la Confédération paysanne, le 2ème syndicat agricole après la FNSEA, tous les leviers, européens, nationaux et internes à la profession, doivent être actionnés à la fois.

Des études récentes montrent que passer à l'agriculture biologique permet de mieux résister à la crise. C'est ce qui conduit un nombre croissant d'agriculteurs à franchir le pas : 17% de plus de surfaces cultivées en 2015 et 10% d'augmentation des ventes mais cela ne représente encore que 5% des surfaces et 2,5% du marché alimentaire.

→ à (ré)écouter : Le programme «Ambition bio 2017» en France

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