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France

France: la centrale nucléaire de Fessenheim à nouveau en débat

La centrale nucléaire de Fessenheim.
La centrale nucléaire de Fessenheim. (cc) Wikimédia/Florival fr (Rémi Stosskopf)
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La centrale nuclaire de Fessenheim, la plus vieille centrale de France, située tout près de la frontière avec la Suisse et l'Allemagne, inquiète les habitants de ces zones frontalières. Inquiétude ravivée par des articles de médias allemands qui évoquent aujourd'hui un incident survenu en avril 2014.

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L'incident avait été classé au niveau 1 sur une échelle internationale des évènements nucléaires allant de 0 à 8. Pourtant, selon les médias allemands les ingénieurs de la cellule de crise avaient utilisé du bore pour refroidir le réacteur numéro 1, une substance qui sert à réguler la puissance d'une centrale. Un procédé rare que l'on met en oeuvre lorsque les autres possibilités n'ont pas été efficaces.

Toujours selon ces médias, le réacteur aurait été hors de contrôle pendant quelques minutes.

Pour la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks, la classification par la France de l'évènement au niveau 1 est justifié. Elle a exprimé à nouveau ses inquiétudes sur la vétusté de la doyenne des centrales françaises et d'espérer sa fermeture « le plus vite possible », comme elle l'avait déjà fait en septembre dernier quand Paris avait annoncé vouloir prolonger la durée de vie de Fessenheim jusqu'à 2018.

Des « conclusions éronées »

La réponse de l'Agence de sûreté nucléaire (ASN) n'a pas tardé. Ce vendredi après-midi Sophie Letournel, chef de la division de Strasbourg, réaffirme que l'incident était mineur, contrairement aux affirmations de médias allemands et qu'il a été signalé dès avril 2014 sur le site internet de l’ASN, comme l'agence le fait dès qu'il y a un incident de niveau 1. La lettre de suite, après l’inspection que l'ASN a réalisé le 10 avril, a été également publiée, précise-t-elle. « Ces documents sont publics, se défend encore la responsable. Nous en avons également largement parlé avec les associations notamment au sein de la commission locale d’information autour de Fessenheim. Nous n’avons absolument pas caché ces éléments. Ils étaient disponibles et publics depuis avril 2014. »

Et Sophie Letournel ajoute : « Aujourd'hui, il y a un expert allemand qui est revenu sur cet événement. Il tire des conclusions éronées par rapport à ce qu'il s'est réellement passé. Nous nous maintenons la position et l'analyse que nous avions menées en 2014 et il n'y a pas de raison de revenir en particulier sur cet événement. » Et elle conclut : « Il n'y a pas de raison de fermer actuellement Fessenheim du point de vue de la sécurité nucléaire. »

En tous cas, cet incident relance la polémique sur l’avenir de la centrale de Fessenheim. Alors que l'Allemagne et la Suisse réclament à nouveau sa fermeture, Charlotte Mijeon, de l'association Sortir du nucléaire, explique pourquoi cet incident est très inquiétant.

C’est extrêmement révélateur du manque de transparence chez EDF et aussi du chef de l’autorité de sûreté nucléaire. […] C’est uniquement parce que la presse allemande s’est penchée dessus que maintenant enfin on en entend parler en France. […] Peut-être que de tels problèmes se produisent sur d’autres centrales qui sont moins médiatisées et qu’on en sait absolument rien.

Charlotte Mijeon, association Sortir du nucléaire

 

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