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France

Grève à la SNCF: conflit autour de l'harmonisation public-privé

Manifestation de cheminots à la gare de Lyon (Paris), le 26 avril 2016.
Manifestation de cheminots à la gare de Lyon (Paris), le 26 avril 2016. Elliott VERDIER / AFP
Texte par : Agnieszka Kumor
3 mn

Un TGV et un Transilien sur deux en circulation en moyenne, quatre TER sur dix et un Intercité sur trois : le trafic est très perturbé ce mardi, jour de grève pour 24 heures. C'est la troisième grève en deux mois à la SNCF. Il faut noter que le front est unitaire côté syndicats. Un avertissement massif envoyé au gouvernement, martèlent-ils.

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De quoi s'agit-il ?

Des discussions sont actuellement menées au niveau de la branche et au sein du groupe public, afin d'harmoniser les règles de travail s'appliquant à l'ensemble des cheminots. On cherche un compromis entre ce qui existe dans le fret privé et des règles en vigueur à la SNCF, globalement plus protectrices pour les salariés. Le gouvernement veut donner un nouveau cadre social au secteur ferroviaire, et ce avant l'été.

Pourquoi cette harmonisation ?

C'est la réforme ferroviaire adoptée en 2014 en France qui impose cette harmonisation avant l'ouverture du secteur à la concurrence à partir de 2020. Entre 150 000 et 170 000 salariés seraient concernés. Objectif : s'assurer que l'ouverture à la concurrence se passe dans les conditions économiquement équitables et garantes de la sécurité des trains.

Problème : les syndicats veulent que les règles soient calquées sur celles du public, mais les opérateurs privés s'y opposent. Cela tuerait le transport ferroviaire de marchandises, disent-ils, déjà fragilisé par la concurrence. De son côté, la SNCF cherche à réduire les coûts en remettant à plat l'organisation du travail.

Les négociations de branche

Parallèlement, des négociations de branches entre syndicats et l'Union des transports publics et ferroviaires piétinent, elles aussi. Selon les centrales, le syndicat patronal manque de volonté pour proposer des contreparties aux nombreuses astreintes imposées aux cheminots, notamment en matière de travail de nuit.

C'est là que le bât blesse : la réforme ferroviaire vise directement les statuts des cheminots. Fruit de luttes et de négociations pendant de longues années, ces statuts créés avant la Seconde Guerre mondiale ne tiennent pas la route, disent les économistes, face à la concurrence du secteur ferroviaire d'aujourd'hui.

Les points d'achoppement

Le patronat veut plus de productivité et plus de flexibilité. Un employé du privé est actuellement 20% plus productif qu'un agent de la SNCF. Il est question, par exemple, de modifier les règles de prise de service. La SNCF propose d'inclure les trajets de moins de 50 km de distance entre le domicile et le lieu de prise de service d'un agent dans son temps de repos.

Ou encore de réduire de quatorze heures à treize le temps de repos. Des propositions qui suscitent la colère des syndicats. C'est le privé qui doit se rapprocher des conditions d'emploi à la SNCF, et non pas l'inverse, rétorquent-ils.

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