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Culture

Portraits et découvertes au Festival Normandie Impressionniste

Frits Thaulow : « Moulin à eau », 1892, huile sur toile, 81,3 x 121 cm.
Frits Thaulow : « Moulin à eau », 1892, huile sur toile, 81,3 x 121 cm. Philadelphie, Museum of Art
5 min

« Le portrait » autour des peintres impressionnistes est le fil conducteur de la troisième édition du Festival Normandie Impressionniste. Jusqu'au 26 septembre, près de 400 événements se dérouleront sur tout le territoire de la Normandie avec de nombreux événements gratuits.

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En 2013, le festival Normandie impressionniste avait fédéré 1,8 million visiteurs sur tout le territoire normand. Cette année près de 400 rendez-vous sont proposée dans une multitude de lieux : des concerts, des expositions, du théâtre, des rencontres en plein air, de l’art contemporain…

L’histoire intime au musée des beaux-arts de Rouen

La première étape se trouve au musée des beaux-arts de Rouen. Scènes de la vie impressionniste explore l'histoire intime de ce courant majeur de la peinture moderne qui était aussi une véritable famille d'artistes.

« Cette notion de groupe est quelque chose d’extrêmement important, explique Diderik Backhuys, le commissaire de l'exposition. Ce sont des gens qui ont rompu avec l’art officiel, dans des circonstances très difficiles. Ils ont mangé de la vache enragée pendant des années avant de s’établir progressivement comme des figures artistiques de leur époque. Il y avait une espèce de lutte contre l’adversité, contre une critique absolument féroce lors de leur début. Alors ils se serrent les coudes. Ce sont des artistes qui ont vécu ensemble, travaillés ensemble et qui se sont peints les uns les autres. Dans certains cas, ils se sont mariés dans le même cercle. Par exemple, Berthe Morisot épouse un des frères d’Édouard Manet. Ce n’est pas du tout un milieu monolithique d’un point de vue esthétique. Renoir et Monet ont beau être très liés, ils suivent des recherches picturales qui sont complètement autonomes. »

Certains tableaux présentés à Rouen sont des icônes de l'impressionnisme comme le portrait de Berthe Morisot au bouquet de violettes par Édouard Manet, un prêt exceptionnel du musée d'Orsay, mais il y a aussi beaucoup de toiles moins vues, venues de tous les grands musées du monde, des portraits de Julie Manet à tous les âges qui grandit sous les pinceaux de sa mère Berthe Morisot, des scènes d'intimité ou de sociabilité comme ces cafés et théâtres, une peinture de mouvement et de couleurs où l'on pourrait presque entendre le bruissement des robes.

« L’Atelier de la lumière » au Havre

De Rouen, nous partons en direction de l'estuaire de la Seine dans la ville du Havre à la découverte du peintre Eugène Boudin un impressionniste avec un style bien à lui. L'exposition L'atelier de la lumière porte bien son nom avec 200 œuvres de cet artiste autodidacte modeste qui n'appartient pas directement au mouvement impressionniste, mais qui l'a beaucoup influencé. Boudin est encensé par Claude Monet, Jean-Baptiste Corot et Gustave Courbet. Et c'est sur sa côte normande qu'il revient pour peindre l'été ce qu'il aime avant tout : les infinies variations de la nature, les ciels immenses, dans des couleurs sobres où seule compte la transparence de la lumière. Pour vivre, il s'essaie aux scènes de plages à destination de la bourgeoisie qui vient prendre des bains de mer dans les stations chics de Deauville ou Trouville, mais il n'est pas assez réaliste pour la clientèle.

Eugène Boudin : « La Plage de Trouville », 1899.
Eugène Boudin : « La Plage de Trouville », 1899. A.G. Leventis Gallery

« La bourgeoisie ne se reconnait pas dans ses peintures beaucoup trop lumineuses ou des portraits de groupes réunis autour des cabines de plage, mais pris de manière très loin. Quand on voit ses œuvres, un seul tiers est occupé par les motifs, les deux autres tiers sont occupés par le ciel, les nuages, la lumière, remarque Annette Haudiquet, directrice du musée d'art moderne André Malraux au Havre. Donc il avait une peinture extrêmement moderne qui ne pouvait peut-être pas être comprise à cette époque. »

Le peintre norvégien Frits Thaulow à Caen

Nous quittons Le Havre en direction Caen où le musée des beaux-arts se distingue en présentant l'œuvre d'un peintre norvégien. Frits Thaulow est une vraie découverte : un géant blond et barbu venu du Nord, un peintre très côté dans cette fin du 19e siècle, un contemporain des impressionnistes qu'il fréquente bien que son style soit différent. C’est un excellent peintre de paysages, un peintre de plein air, un grand voyageur qui parle cinq langues et qui mènera une vie de riche nomade. Ses tableaux sont achetés par les plus grands musées dès leur exposition.

« C’est à la fois une forme d’exotisme, même si cela nous paraît moins évident aujourd’hui, commente Emmanuelle Delapierre, la directrice du musée d'art moderne de Caen. A l’époque, pour un public parisien, ses grands tableaux de neige, avec des skieurs, étaient extraordinairement exotiques. Les vues des Iles Kragero le sont aussi avec ces maisons traditionnelles en bois, cette lumière particulière, ce dessin particulier et précis, joint à une forme de colorisme. Il y a une dimension presque sensorielle dans la peinture de Thaulow qui fait qu’on a l’impression qu’on est plongé au cœur de l’hiver. » 

Maurice Denis : « Portrait de famille », 1902. Huile sur toile, 80 x 96 cm.
Maurice Denis : « Portrait de famille », 1902. Huile sur toile, 80 x 96 cm. Collection particulière à Nice

3e Festival Normandie Impressionniste, jusqu’au 26 septembre

 

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