France

Lyon, Paris, Marseille et le reste: où la France est-elle le plus «toxique» ?

Paris, un jour de pic de pollution, en mars 2016.
Paris, un jour de pic de pollution, en mars 2016. PATRICK KOVARIK / AFP

Le paradis n'existe pas, mais les pires endroits ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Voilà, dans les grandes lignes, les enseignements de l'Atlas de la France toxique, qui sort ce mercredi 4 mai 2016. Un vaste inventaire, sous forme de cartes, élaboré à l'initiative de l'association écologiste Robin des Bois. Sans surprise, les trois principales villes du pays figurent en haut du palmarès. Mais pas toujours dans l'ordre que l'on pourrait imaginer. [Infographie]

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En matière de pollution de l'air, des fleuves et des risques bactériologiques, entre les trois principales villes de France, les plus contaminées ne sont pas toujours celles que l'on pourrait imaginer, à en croire les 36 cartes de l'Atlas de la France toxique.

Mais si le bilan dressé par l'association Robin des Bois est assez alarmiste, voire anxiogène, l'idée, soulignent les auteurs de cet atlas, n'est pas de faire peur ou de faire fuir. Il s'agirait plutôt d'inciter à l'action localement.

• Pollution de l'air : Marseille arrive en tête

En France, c'est à Marseille que l'on respire le moins bien, malgré la mer et le Mistral. En cause : le port de commerce et le terminal croisières, avec ses navires géants. Mais aussi les deux autoroutes qui arrivent directement au centre-ville.

Lyon est en deuxième place, suivie de Paris. La concentration moyenne de particules fines (PM10) s'élève à 31,8 µg/m3 à Marseille, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), contre 29,5 µg/m3 à Lyon et 27 µg/m3 à Paris. Mais les trois villes dépassent les recommandations de l'OMS.

• Site sensibles ou contaminés : avantage Lyon

Le laboratoire P4 Jean Mérieux, dans le VIIe arrondissement de Lyon à Gerland.
Le laboratoire P4 Jean Mérieux, dans le VIIe arrondissement de Lyon à Gerland. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Pour les sites sensibles ou contaminés, la capitale du Rhône arrive loin devant. Premièrement, Lyon présente la particularité d'abriter un laboratoire P4, qui emmagasine dans le quartier de Gerland, tout près du Rhône, les virus les plus dangereux du monde.

La capitale des Gaules compte au total 68 sites sensibles ou contaminés, dont trois sites industriels classés Seveso, c'est-à-dire les plus dangereux en cas d'accident grave. La cité phocéenne détient 52 sites dont deux classés Seveso, alors que Paris n'en abrite aucun.

Ville de pétrochimie, Lyon garde par ailleurs, dans ses friches industrielles, d'importantes traces de plomb, de chrome et d'hydrocarbures. La région marseillaise abrite pour sa part d'anciennes usines d'acide.

• Déchets nucléaires, amiante : c'est pour Paris

C'est finalement dans la catégorie « déchets radioactifs » que la capitale française remporte la triste victoire avec 35 sites. Ces substances dangereuses ne proviennent pas des centrales nucléaires, mais essentiellement des laboratoires médicaux et de recherche. Lyon et Marseille comptent chacune 14 de ces sites.

Alors, où aller pour échapper à tous ces fléaux inquiétants ? Nulle part, répondent les auteurs de l'atlas, puisque les campagnes sont gorgées de pesticides et que les installations industrielles à risque sont éparpillées partout en France.

Une illustration parmi d'autres : ceux qui voudraient par exemple rejoindre l'île de beauté pour échapper aux kilomètres de voiries parisiennes enrobés d'amiante trouveront à leur arrivée un fort taux d'amiante naturelle en Haute-Corse.

Le sommaire de l'Atlas de la France toxique sur le site des Robin des Bois

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