France

Procès de passeurs à Dunkerque: des peines de prison, le cerveau court toujours

Des migrants traversent le camp de Grande-Synthe, le 29 décembre 2015. C'est dans ce camp qu'opérait le rabatteur.
Des migrants traversent le camp de Grande-Synthe, le 29 décembre 2015. C'est dans ce camp qu'opérait le rabatteur. AFP/Philippe Huguen

La justice française a condamné cinq passeurs accusés d'avoir fait passer illégalement des migrants vers l'Angleterre depuis le nord de la France. Une petite filière, très bien organisée. Parmi les protagonistes : trois Kurdes, et deux Français. Les peines infligées vont jusqu'à six ans de prison.

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Tout partait d'un rabatteur, chargé de trouver des clients dans l'ancien camp de migrants de Grande-Synthe, près de Dunkerque. Une fois convaincus, les candidats à l'exil se rapprochaient du cerveau de la filière, un Iranien surnommé « Kapa ».

L'homme proposait alors les tarifs de 4 400 euros pour un passage sans complicité du chauffeur routier, jusqu'à 14 000 euros pour un passage garanti, un passage organisé avec la complicité du chauffeur de camion.

Troisième étape, et c'est là qu'intervenaient les deux Français, deux frères gérants d'un café, le retrait des liquidités. Ils s'occupaient de retirer les montants auprès d'une agence de transfert d'argent à la place des migrants en prenant soin de retenir une commission de 10%.

Le cerveau court toujours

Cet argent était enfin confié à un dernier homme, qui ne le débloquait qu'après avoir eu la certitude que le client était bien arrivé en Angleterre.

Au total, la filière aura agi pendant sept mois, d'août 2015 à février 2016, et permis le passage de pas moins de 15 personnes par semaine avant d'être finalement démantelée. Tous étaient poursuivis pour « aide à l'entrée et au séjour illégal en bande organisée ».

Le tribunal a suivi en grande partie les réquisitions du parquet. Deux passeurs kurdes ont été condamnés à deux ans de prison et de 8 000 à 10 000 euros d'amende. Mais l'affaire n'est pas encore classée car le cerveau présumé de ce réseau, « Kapa », court toujours et fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Ce dernier a cependant écopé de la peine la plus sévère : six ans de prison et 50 000 euros d'amende.

La cour a en revanche relaxé une sixième personne, un chauffeur de taxi.

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