Accéder au contenu principal
France

Affaire Baupin: l'omerta sur le harcèlement sexuel en politique perdure

Le vice-président de l'Assemblée nationale, Denis Baupin, a démissionné après avoir été mis en cause par des élues écologistes pour « harcèlement » ou « agression sexuelle ».
Le vice-président de l'Assemblée nationale, Denis Baupin, a démissionné après avoir été mis en cause par des élues écologistes pour « harcèlement » ou « agression sexuelle ». JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Accusé d'agressions et de harcèlements sexuels par plusieurs de ses collègues, Denis Baupin a dû démissionner lundi 9 avril de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale française. Une enquête préliminaire est désormais ouverte contre lui. Comme lors de l'affaire Dominique Strauss-Kahn en 2011, ces révélations ont donné un nouvel éclairage sur le sexisme et les harcèlements sexuels qui existent dans le monde politique.

Publicité

Des sifflets au passage de Cécile Duflot, habillée ce jour-là en robe ; les caquètements d'un député de droite durant l'intervention d'une élue écologiste ; les dérapages sexistes de certains parlementaires ; tous ces faits ont beaucoup fait parler ces derniers mois. Est-ce à dire qu'ils seraient plus nombreux que par le passé et que le harcèlement serait plus prégnant dans le monde politique qu'ailleurs ?

« Non, assure Catherine Coutelle. Je mets au défi quiconque de me prouver le contraire. Aucun chiffre n'a jamais été publié là-dessus. » Pour la présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, le problème ne touche pas plus la classe politique que le reste de la société. « Je pense que c'est un jeu de pouvoir et de domination dans tous les milieux, explique-t-elle, comme le sport, la mode, etc. »

Selon Catherine Coutelle, le palais Bourbon n'est tout simplement pas épargné par ce fléau général, et le phénomène devient plus visible en raison de l'augmentation du nombre de femmes. « Avant, l'Assemblée était un monde d'hommes, analyse la députée socialiste. Maintenant, nous sommes 27 % de femmes et on ne laisse pas passer ce genre de comportements. »

Un appel pour lever l’omerta

Après « Bas les pattes », signé il y a un an par des journalistes, une pétition « Violences sexuelles en politique, levons l'omerta » a été lancée lundi par le collectif Osez le féminisme. L’objectif est d’interpeler les politiques et de dénoncer une pratique plutôt courante dans ce milieu de pouvoir.

« Il y a des agresseurs aux plus hautes sphères du pouvoir, on est en train de s’en apercevoir. Mais il y a aussi des victimes dans les plus hautes sphères du pouvoir. C’est vraiment partout », explique Caroline de Haas, militante féministe et ex-militante PS, qui dénonce un tabou encore plus difficile à briser en politique qu’ailleurs.

« La première chose, c’est que comme c’est un lieu de pouvoir, où il est exercé en grande majorité par les hommes, quand l’agression sexuelle est exercée par quelqu’un qui a du pouvoir, eh bien c’est encore plus difficile de parler, de lever l’omerta », explique Eléonore Stevenant-Morguier, membre du conseil d'administration de l'association Osez le féminisme.

« Et puis, ajoute-t-elle, il y a une deuxième caractéristique, qui pour moi devrait appeler les partis politiques à une exemplarité sans faille, c’est que ce sont les partis politiques qui décident des lois, qui font la politique ! Comment vous pouvez imaginer un seul instant qu’ils vont réellement lutter contre les violences à l’encontre des femmes, si eux-mêmes, dans leurs propres organisations, ne prennent pas de mesures ? »

Avec cette pétition, qui a déjà recueilli 1 500 signatures, l’association demande à ce que les responsables politiques prennent des mesures concrètes et immédiates pour lutter contre les agressions sexuelles au sein même de leurs partis.


■ Ouverture d'une information judiciaire, et réaction d'Emmanuelle Cosse

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi 10 mai 2016 l'ouverture d'une enquête préliminaire contre Denis Baupin. Les « allégations » publiées par la presse portent « sur des faits susceptibles d'être qualifiés d'agressions sexuelles, harcèlements sexuels, appels téléphoniques malveillants », indique le parquet, qui précise dans son communiqué qu'à ce stade, « aucune plainte relative à ces faits n'a été reçue », et que « l'enquête va s'attacher à recueillir les témoignages des victimes présumées ».

De son côté, Emmanuelle Cosse, épouse de Denis Baupin et actuelle ministre française du Logement, a réagi à la démission de son mari et aux révélations parues dans la presse, ce mardi matin au micro de France Info. Extrait ci-dessous.

Emmanuelle Cosse «très touchée» par l'affaire Baupin

L'affaire Baupin fait la Une de la presse française ce mardi

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.