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France / Emploi et Travail

France: échec de la motion de censure contre le gouvernement Valls

Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre du Travail Myriam El Khomri réagissent avant le vote sur la motion de censure à l'Assemblée nationale à Paris, le 12 mai 2016.
Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre du Travail Myriam El Khomri réagissent avant le vote sur la motion de censure à l'Assemblée nationale à Paris, le 12 mai 2016. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
8 mn

La loi Travail a été adoptée en première lecture jeudi 12 mai après l'échec de la motion de censure déposée par l'opposition de droite. Les débats ont été houleux au Parlement. Au final, 246 députés ont voté la motion de censure contre le gouvernement Valls, alors qu’il aurait fallu 288 voix pour qu'elle soit adoptée. Des manifestations contre la loi Travail ont eu lieu dans plusieurs villes, certaines ont été maillées d'incidents, notamment à Caen, où quelque 25 personnes ont été placées en garde à vue. 

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La motion de censure déposée par l'opposition de droite - LR et UDI - n'a pas recueilli le quorum requis. Le gouvernement socialiste échappe à la censure et impose son projet de loi réformant le Code du travail en première lecture, transmis dans la foulée au Sénat. La commission des Afaires sociales de la Haute assemblée devrait l'examiner dès la semaine prochaine.

Pour être adoptée, la motion de censure déposée en réponse au passage en force du gouvernement qui a eu recours l'article 49-3 de la Constitution devait recueillir la majorité absolue des suffrages, soit 288 voix, trois sièges étant actuellement vacants. Elle n'en a obtenu que 246 voix. Le députés socialistes frondeurs n'ont pas voté la motion de censure déposée par la droite, contrairement aux députés du Front de gauche qui l'ont votée, ulcérés par le recours au 49-3.

Ce vote s’est déroulé malgré la contestation de la rue et d'une partie de la gauche. La manifestation parisienne contre la loi Travail et le 49-3 a rassemblé ce jeudi quelque 50 000 personnes, a indiqué la CGT. De son côté, la préfecture de police a dénombré 11 500 à 12 500 participants lors de cette protestation, marquée par des affrontements en fin de parcours entre des jeunes cagoulés et les services d'ordre des syndicats.

[Reportage] Des affrontements ont éclaté à Paris lors de la manifestation contre la loi Travail

«Vous n'avez plus de pouvoir, vous n'en avez que l'apparence» (C. Jacob)

« Demain, si ce texte venait à être adopté, ce sont de nouveaux freins, de nouveaux blocages à l'emploi dont vous porterez la responsabilité », a dit avant le vote le président du groupe Les Républicains (LR) à l'Assemblée nationale. « Vous n'avez plus le pouvoir, vous n'en avez plus que l'apparence », a déclaré Christian Jacob. Il a poursuivi : « Le bilan de François Hollande est accablant. La France est à la traîne sur tous les indicateurs. Elle est la très mauvaise élève de l'Europe. »

« Malgré l'absence de majorité parlementaire et de soutien populaire, le gouvernement opte pour le passage en force alors que la sagesse politique aurait dû le conduire à retirer un texte rejeté de toute part », a déclaré André Chassaigne (PC), président du groupe composé essentiellement de communistes.

Valls aux frondeurs socialistes : «Vous êtes dans une impasse»

« Vous êtes dans une impasse » a lancé jeudi à l'Assemblée le Premier ministre Manuel Valls aux députés socialistes qui la veille ont cherché à déposer une motion de censure de gauche.  « Je prends cette tentative » de motion de censure « pour ce qu'elle est. Elle est grave, même si elle a échoué. Mais leurs signataires sont dans une impasse (...) Je ne laisserai pas détruire la gauche de gouvernement, la social-démocratie française », a dit Manuel Valls dans une mise en garde. 

Le gouvernement a respecté le temps du dialogue, d’abord avec les partenaires sociaux (…). Nous avons construit un compromis avec les syndicats réformistes et les mouvements de jeunesse. Puis il y a un dialogue très nourri ici en Commission à l’Assemblée nationale.

Ecouter la réponse de Manuel Valls devant l'Assemblée nationale

Mercredi, les frondeurs ne sont pas parvenus d'un cheveu à réunir les 58 voix nécessaires à une motion de gauche contre le gouvernement. Parmi les 56 signataires, 28 députés PS ou apparentés, dont les anciens ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti.

Le gouvernement rappelle la nécessité de cette loi

Le Premier ministre a plaidé pour la nécessaire modernisation du modèle social français, tout comme François Hollande l'avait fait dans la matinée.

« Je cherche, mais je ne vois pas ici sur ces bancs une autre majorité », a déclaré Manuel Valls en attaquant les propositions économiques et sociales des prétendants à la présidentielle de 2017, « irresponsables » car elles risquent selon lui, par leur radicalité, provoquer « davantage de violence » dans le pays.

Jeudi matin le président Françaois Hollande avait défendu le projet de loi Travail. Le projet de loi « doit être défendu, regardé comme un texte de progrès », a déclaré le président français. « Il doit être aussi conçu pour les salariés comme pour les chefs d'entreprise. Moi, je ne veux pas les opposer », a-t-il ajouté.

(Avec Reuters)

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