France

Loi Travail: les policiers disent «stop à la haine anti-flics»

Une voiture de police a été incendiée ce mercredi 18 mai par des manifestants près de la place de la République à Paris, lors d'un rassemblement contre les violences policières interdit par la préfecture.
Une voiture de police a été incendiée ce mercredi 18 mai par des manifestants près de la place de la République à Paris, lors d'un rassemblement contre les violences policières interdit par la préfecture. REUTERS/Charles Platiau

Une nouvelle journée de mobilisation ce mercredi en France autour de la loi Travail. Rails, routes, airs, personne n'est épargné. A la SNCF, la CGT cheminots et Sud-Rail ont appelé à la grève. Les routiers eux reconduisent les actions commencées mardi 17 mai, actions de blocage ou de barrages filtrants. Et puis dans les aéroports, les compagnies aériennes annulent plusieurs vols au départ d’Orly. Les policiers, eux, se sont rassemblés pour dénoncer ce qu'ils appellent la « haine anti-flic », qui animerait les casseurs officiant depuis deux mois en marge des cortèges contre la loi El Khomri.

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Avec notre envoyé spécial, Simon Rozé

Adulés lors de la manifestation post-attentat de Charlie Hebdo, les policiers ont décidé de se faire entendre et sont réunis place de la République à Paris, mais également dans plusieurs villes de France, pour protester contre la haine contre la police. Car « tout le monde déteste la police », c'est un slogan qu’on entend désormais dans les cortèges contre la loi Travail. Image - peut-être - de cette grande nervosité entre police et manifestants : ce mercredi, à Paris, une voiture de police a d'ailleurs été incendiée et deux policiers sont légèrement blessés.

Mais ce n’est pas tant le slogan qui inquiète les policiers, c’est surtout le fait qu’ils soient systématiquement et physiquement pris pour cibles. Stéphane est officier en région parisienne : « Le phénomène des casseurs sur les manifestations n’est pas quelque chose de nouveau. Mais le fait qu’ils s’en prennent directement et systématiquement aux forces de l’ordre, avec des équipements de plus en plus dangereux, là par contre, ça marque une évolution assez inquiétante. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a. Mais que derrière, il y ait aussi une sévérité, une exemplarité par rapport à ces individus qui n’hésitent pas à mettre en danger la vie des policiers et d’autres manifestants, mais aussi qui n’hésitent pas à perturber le message que veulent transmettre les manifestants ».

Concrètement, ce que demandent Stéphane et ses collègues, ce sont des moyens pour interpeller les casseurs avant les manifestations, et surtout des condamnations après les avoir arrêtés. Pour les policiers, c’est trop rarement le cas et, selon eux, les casseurs profitent de cette impunité. François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, en Conseil des ministres, ont apporté leur soutien aux policiers.  «S'en prendre à eux, c'est s'attaquer à nous tous», a tweeté Manuel Valls.

Il y a un sentiment d'injustice...Les policiers y laissent assez régulièrement leur peau sur le terrain...pour sauver, pour rassurer les citoyens. Le tribu est lourd...

Loïc Fanouillere du syndicat Alliance

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