Loi Travail

Loi Travail: au moins 153000 manifestants en France au 8e jour de mobilisation

A Bordeaux ce 26 mai 2016, de 3000 à 13000 personnes ont manifesté à la mi-journée. .
A Bordeaux ce 26 mai 2016, de 3000 à 13000 personnes ont manifesté à la mi-journée. . GEORGES GOBET / AFP

Le blocage des raffineries de pétrole et des dépôts de carburant occasionne pour le moment le plus de perturbations. Mais de nouveaux secteurs stratégiques de l'économie française se sont mis eux aussi en grève, ce jeudi 26 mai, à l'occasion de la 8e journée de mobilisation contre le projet de réforme du Code du travail. A Paris, des affrontements ont éclaté entre des policiers et des manifestants cagoulés qui ont quitté le cortège. Au moins 153 000 manifestants ont défilé en France et 77 ont été interpellées selon les autorités. 

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Au moins 153 000 selon les autorités, près de 300 000 selon la CGT, les manifestants contre la loi Travail ont battu le pavé dans les grandes villes de l'Hexagone ce 26 mai. La contestation contre la loi Travail est donc restée forte partout en France avec une multiplication des blocages, des arrêts de travail et des manifestations parfois émaillées de violences. Des affrontements sporadiques ont éclaté entre policiers et manifestants cagoulés à Paris, au cours et à la fin du défilé. La préfecture de police a fait état de 36 interpellations et 9 blessés légers.

De nombreux secteurs touchés

Toutes les centrales nucléaires ont voté la grève et 12 ont baissé la charge la nuit dernière ce qui a déjà pour conséquence une baisse de production de l'électricité de 5 000 mégawatts. La CGT parle de coupures d'électricité dans les Yvelines, près de Paris. Trois centrales thermiques ont également stoppé leur activité.

Du côté des dépôts et des raffineries de pétrole, 4 000 stations-service sur près de 12 500 sont à présent touchées en France par une pénurie et l'acheminement du pétrole se complique avec des arrêts de travail prévus du côté des dockers ce jeudi. Des barrages filtrants ou bloquants ont également été mis en place dans l'Ouest sur les ponts de Normandie et de Tancarville, près du Havre.

A Gonfreville-l'Orcher, la plateforme normande de Total qui comprend la raffinerie et l'usine pétrochimique est donc toujours à l'arrêt depuis ce mardi. Les salariés se disent prêts à continuer le mouvement jusqu'au retrait de la loi Travail.

Mon fils n'arrive pas à trouver du travail. C'est infernal. Ce n'est pas en faisant travailler les gens jusqu'à 67 ans qu'on va donner du boulot aux jeunes !

A Gonfreville-l'Orcher, la plateforme normande de Total

La fronde touche également les transports, avec des perturbations limitées cependant dans les chemins de fer. Côté aérien, l'aviation civile demande aux compagnies de réduire leurs vols de 15% à Orly.

Enfin, l'usine de fabrication de sous-marins nucléaires de Cherbourg serait totalement bloquée. Le site, qui emploie plus de 2 000 salariés, se situe dans le fief électoral de Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a exclu jeudi soir sur France 5 de « dénaturer » son projet de loi sur le travail en revenant sur l'article 2, qui consacre la primauté de l'accord d'entreprise en matière d'aménagement du temps de travail.
 

→ A (RE)ECOUTER : Loi Travail: la France dans l'impasse

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