France / Justice

Filière jihadiste de Strasbourg: la question du recrutement au cœur du procès

Le procès des sept Strasbourgeois s'est ouvert lundi 30 mai au tribunal correctionnel de Paris.
Le procès des sept Strasbourgeois s'est ouvert lundi 30 mai au tribunal correctionnel de Paris. Wikimedia CC BY-SA 2.5 Marie-Lan Nguyen

Au deuxième jour du procès des sept Strasbourgeois revenus de Syrie, le tribunal correctionnel de Paris tente de comprendre comment ils ont été recrutés.

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Au tribunal correctionnel de Paris, David Thomson

Au centre des débats ce mardi 31 mai, un grand absent Mourad Fares, considéré comme l’un des principaux recruteurs de jihadistes français pour la Syrie. C’est ce Francais, actuellement détenu en France, qui a incité et facilité leur départ pour la Syrie.

Les sept prévenus ont d’abord fait sa connaissance sur Facebook en 2012, sur une page incitant à la « hijra », l’émigration en terre d’islam. Après quelques mois d’échanges virtuels, certains de ces Strasbourgeois, dont Karim, le frère d’un des kamikazes du Bataclan, rencontre physiquement Mourad Fares à Paris, à Strasbourg, puis à Lyon, sa ville d’origine.

→ (RE)LIRE : Affaire Mourad Fares: les filières du jihad passent par Internet

Dans ces rencontres en groupe, où les téléphones sont confisqués par peur des infiltrations, il n’est pas encore question de jihad, disent les prévenus. « Oui, il nous a sensibilisés. C’est lui qui nous a informés sur le conflit syrien. Il nous a parlé des tortures, des viols, des exactions, avec des paroles religieuses », raconte Karim.

Mourad part le premier en Syrie en juillet 2013. Il explique aux Strasbourgeois comment le rejoindre. Par petits groupes de deux ou trois, ils partent en Turquie où Mourad leur envoie un passeur pour la Syrie.

Sur place, le groupe est conduit dans un hangar de l’organisation Etat islamique en Irak et au Levant, où chacun remplit des fiches de renseignements où ils doivent notamment choisir s’ils veulent être combattant ou candidat à opération suicide. Tous ont coché la case combattant. « Nous n’avions pas le choix, rien ne s’est passé comme prévu, explique l’un d’eux, sinon nous aurions été emprisonnés ou tués ».

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