France

France: grève reconduite ce jeudi à la SNCF

Des grèvistes de la SNCF devant le siège du Medef, le 1er juin 2016.
Des grèvistes de la SNCF devant le siège du Medef, le 1er juin 2016. AFP/JEFF PACHOUD

La grève a été reconduite à la SNCF pour ce jeudi 2 juin. Elle doit permettre de peser dans les négociations sur le temps de travail des cheminots, mais elle est aussi menée contre le projet de loi El Khomri. Résultat, seulement 40 % des Transiliens, le tiers des Intercités, la moitié des TER et six TGV sur dix étaient assurés ce mercredi 1er juin. Un accord a pourtant été trouvé ce week-end, qui ne remet pas en cause les acquis des cheminots, au grand désespoir de l'entreprise qui attend désormais un geste financier de la part de l'Etat.

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Dans la salle des départs de la gare Saint-Lazare à Paris, les voyageurs scrutent les écrans, à la recherche de leur train et, parfois, avec l'angoisse de le voir supprimé. Pascal Dovin peut rentrer chez lui, mais son temps de trajet quotidien de cinq heures s'allonge encore. Alors, la colère monte. « Je me lève à quatre heures du matin au lieu de cinq. Je pars plus tôt, j'arrive à la même heure. Et je pars à la même heure le soir pour rentrer plus tard. Ils n'ont rien à faire puisqu'ils sont là pour conduire des trains. Ils feraient mieux de réembaucher du personnel que de revoir leurs contrats de cheminots ».

Agacé, Antoine Bonneteau l'est aussi, même s'il comprend les grévistes. Mais pour cet étudiant, la grève tombe au plus mauvais moment : « Mon train est supprimé, du coup, je dois attendre une heure. Cela m'arrange pas, surtout que j'ai des partiels cette semaine. Pour réviser, c'est pas pratique du tout ».

Mais à l'arrivée en gare, les surprises ne sont pas toujours mauvaises. Myriam Sénécal en a fait l'expérience à l'aller. « J'étais vraiment super étonnée, accueil vraiment très sympa de la SNCF, avec les horaires d'aller-retour, et ils ont mis en place un numéro, 0805700805, ça marche super bien. Donc, du coup, je n'ai pas été impactée plus que ça ».« Pas de problème... pour le moment », ajoute-t-elle avec prudence. Et celle-ci est de mise, car la grève se poursuit ce 2 juin.

Maintien des acquis

Trois syndicats, la CGT, Sud et l'Unsa, entendent en effet protester contre la loi El Khomri, mais aussi contre l'aménagement de l'organisation du travail des cheminots. La SNCF a besoin d'être plus compétitive pour faire face à la concurrence à partir de 2020. Un salarié de l'entreprise publique coûte 20 % de plus qu'un cheminot du privé. La direction souhaitait donc assouplir l'organisation du travail. Mais le texte arraché ce week-end par l'Etat, qui a exclu les dirigeants de la SNCF des négociations, ne va pas du tout dans ce sens.

Les cheminots conserveront presque tous leurs acquis, et notamment le fameux « 19-6 ». Quand un salarié termine après 19h, il ne travaille pas le lendemain. Et quand il est en repos, il ne peut pas commencer avant 6 heures le lendemain matin.

Colère de Guillaume Pépy

L'Etat a lâché face aux cheminots, d'abord pour sauver l'Euro de football et ensuite pour éteindre l'un des foyers de la contestation contre la loi Travail. Or, seule la CFDT a levé son préavis de grève. Le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, est quant à lui furieux et exige désormais des compensations financières de la part de l'Etat.

Reste également à définir un cadre social commun à la SNCF et à ses concurrents. Cet accord de branche va obliger ces derniers à s'aligner sur certaines règles de la SNCF. La différence de coût entre les salariés du public et du privé sera alors de 10 %.

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