France / Justice

Filière jihadiste de Strasbourg: les accusés nient avoir combattu en Syrie

Les sept amis étaient partis en Syrie entre décembre 2013 et avril 2014.
Les sept amis étaient partis en Syrie entre décembre 2013 et avril 2014. BENOIT PEYRUCQ / AFP

Au troisième jour du procès des jihadistes strasbourgeois, le tribunal correctionnel de Paris a cherché à déterminer ce que ces sept jeunes, dont le frère d’un des kamikazes du Bataclan, ont réellement fait sur place en Syrie. Malgré leur enrôlement au sein du groupe EI entre fin 2013 et début 2014, et la mort de deux d’entre eux sur le front syrien, tous nient avoir combattu.

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Au tribunal correctionnel de Paris, David Thomson

Un mois après leur arrivée en Syrie, deux des Strasbourgeois sont tués par d’autres rebelles de l’Armée syrienne libre ou du Front al-Nosra. « C'était impensable qu'ils soient tués par des musulmans, explique l’un d’eux à la juge. Alors j'ai commencé à comprendre que la situation dégénérait. »

Le groupe vient de sortir d’un camp d’entraînement de l’Etat islamique en Irak et au Levant. L’un d’eux raconte avoir été torturé parce qu’il ne souhaitait pas y participer. Pendant deux semaines, ils ont appris le maniement des armes, sans jamais, jurent-ils, tirer un coup de feu.

« On était 200 dans le camp et le nombre de munitions était limité », assure l’un d’eux. Une fois formé, après avoir prêté allégeance à l’EI, le groupe découvre la réalité syrienne entre Alep, Raqqa et Shadadi.

« Non, je faisais la cuisine »

Les combats entre groupes rebelles et jihadistes sont alors de plus en plus violents mais là encore, les Français nient toute implication. « Vous avez combattu contre le Front al-Nosra ? », demande la présidente du tribunal. « Non, je faisais la cuisine », répond l’un. « Ils nous ont demandé de combattre mais nous avons refusé », poursuit un autre.

Dans le box, les co-accusés esquissent souvent des sourires. Pour la justice, toute la difficulté est de prouver leur implication dans les combats. Les preuves matérielles font défaut, le tribunal s’appuie essentiellement sur des écoutes des services de renseignement, souvent compromettantes mais dont les accusés affirment à chaque fois ne pas se souvenir.

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