France / Questions sociales

France: la SNCF s'installe dans la grève avant les ultimes négociations

A Charenton-le-Pont, sur les voies menant à la gare de Lyon, le 31 mai 2016.
A Charenton-le-Pont, sur les voies menant à la gare de Lyon, le 31 mai 2016. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le trafic SNCF est encore perturbé ce vendredi 3 juin, mais avec moins de personnes mobilisées. Hier, jeudi 2 juin, à la gare de Lyon, une centaine de grévistes ont occupé les voies pendant une heure, ralentissant les allées et venues des TGV, sans se mettre à dos pour autant la plupart des voyageurs. Une ultime réunion de négociation sur l'organisation du travail des cheminots est prévue lundi.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale, Aabla Jounaïdi

Ce jeudi 2 juin, une heure après l'action musclée des grévistes sur la voie, à la gare de Lyon, une des principales stations parisiennes, l'irritation est encore palpable chez le personnel de la SNCF comme chez les voyageurs. Théophile, étudiant, attend son TGV pour Perpignan : « Déjà moi, je partais de Joinville-le-Pont et il y a déjà eu un souci, un arbre qui est tombé sur la voie. J’’ai dû prendre le bus et le métro derrière, plus les grèves du RER D, plus les mouvements sociaux font que les réactions des gens, c’est l’énervement, la tension… ».

Surprise, la colère ne se tourne pas vers les cheminots grévistes, mais vers le gouvernement. Les « Hollande et Valls démission », fusent de la part des voyageurs. Voilà Jackie, dont le train devait partir il y a plus d'une heure : « De toutes façons, il faut se défendre comme on peut. C’est vrai que ça impacte les gens. Si personne ne fait rien, il ne se passera jamais rien, quoi. Même s’il y a du retard, ce n’est pas grave ».

Malgré les ennuis, cheminots et voyageurs partagent ici un même rejet de la politique gouvernementale. Depuis la fin du mois de mars 2016, la SNCF discute avec les organisations syndicales un nouvel accord d'organisation du temps de travail, le précédent devenant caduc au 1er juillet de cette année. Parallèlement, des discussions sur le même thème ont été menées au niveau de la branche pour tenter d'aboutir à une première convention collective commune à toutes les entreprises du rail (fret et voyageurs, privé, comme public).


De son côté, la grève dans les centrales nucléaires françaises se poursuit, à l'appel de la CGT, syndicat majoritaire dans l'énergie, de la CFE-CGC et de l'UNSA. Seize des dix-neuf centrales sont touchées. Et des grévistes mènent des actions coup de poing depuis ce jeudi matin. Des coupures d'électricités localisées à Tulle, le fief de François Hollande, et à Saint-Nazaire. Marie-Claire Cailleteau, porte-parole de la fédération nationales mines-énergie à la CGT, justifie ces actions au micro de Thomas Giraudeau.

On doit montrer notre mécontentement.

Marie-Claire Cailleteau, responsable CGT Mines-Energie

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail