France

Filière jihadiste de Strasbourg: l'ombre du 13 novembre plane sur le procès

Le frère d'un des kamikazes de la salle de concert du Bataclan fait partie des prévenus dans le procès de la filière jihadiste de Strasbourg.
Le frère d'un des kamikazes de la salle de concert du Bataclan fait partie des prévenus dans le procès de la filière jihadiste de Strasbourg. REUTERS/Benoit Tessier TPX IMAGES OF THE DAY

Au cinquième jour du procès des 7 jihadistes strasbourgeois, le tribunal correctionnel de Paris s’interroge sur les conditions de leur retour en France. Sont-ils tous rentrés de leur plein gré ou ont-ils été piégés par leurs proches ? Sont-ils véritablement repentis du jihad aujourd’hui ? Encore une fois, l’ombre du 13 novembre a plané sur les audiences. Le frère d’un des kamikazes du Bataclan fait notamment partie des prévenus.

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Avec notre envoyé spécial au tribunal correctionnel de Paris,  David Thomson

Dans le box, tous disent avoir fui l’organisation Etat islamique en Irak et au Levant, en raison des guerres fratricides entre groupes rebelles. Mais à la lecture de certaines écoutes téléphoniques, la présidente du tribunal a des doutes.

Une fois en Turquie, un des prévenus contacte un français en Syrie et lui dit avoir été dénoncé aux autorités turques. « Le passeur nous a vendu ce chien d’apostat », dit-il. Il explique qu’il s'agissait d’une ruse destinée à ne pas mettre en danger les autres membres du groupe restés en Syrie. Un autre est ensuite soupçonné d’avoir été piégé par ses proches venus le rencontrer en Turquie. Mais tous expliquent à nouveau que leur intention était uniquement de quitter la Syrie.

En fin d’audience, c’est l’incident. Le frère du kamikaze du Bataclan s’émeut de la présence de l’Association française des victimes du terrorisme qui souhaite se constituer partie civile au procès. « Ils me dévisagent, ça me gène. Nous n’avons pas de sang sur les mains, dit-il. J’ai l’impression que c’est le procès du Bataclan », renchérit un autre dans le box.

L’ombre du 13 novembre revient planer en fin d’audience lorsque le procureur évoque un rapport de détention datant du lendemain des attentats : un surveillant assure avoir entendu un prévenu se réjouir en ces termes : « C’est bien fait, ils ont fait en France ce que la France fait en Syrie ! ». « C’est complètement faux », répond l’intéressé. Les audiences reprennent lundi 6 juin.

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