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France / Algérie

Tibéhirine: la justice française récupère des prélèvements des têtes des moines

Les moines trappistes du monastère de Tibéhirine dans l'Atlas algérien.
Les moines trappistes du monastère de Tibéhirine dans l'Atlas algérien. DR
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Une juge française a pu rapporter d'Algérie des prélèvements sur les crânes des moines de Tibéhirine. Ces éléments pourraient faire avancer l’enquête sur l’enlèvement et l’assassinat des religieux en 1996.

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Vingt ans après les faits, l’enquête sur l’enlèvement et l’assassinat des moines de Tibéhirine pourrait connaître des grandes avancées. A l’issue d’un voyage en Algérie cette semaine, la juge d’instruction française Nathalie Poux a pu rapatrier des prélèvements des têtes des religieux. Ils avaient été effectués en octobre 2014 lors de l’exhumation des crânes, en présence de juges et d’experts français. Mais ceux-ci n’avaient pas pu les rapporter en France, ce qui avait conduit des proches des moines à dénoncer une « confiscation des preuves » et une « obstruction » à l’enquête française.

En échange de ces prélèvements, les juges français ont remis à leurs homologues algériens des prélèvements ADN des familles des moines, nécessaires à leur propre enquête.

D’après les premières constatations des experts, les prélèvements seraient « en bon état et exploitables ». Si c’est confirmé, et si les comparaisons ADN certifient que les crânes sont bien ceux des moines, ces prélèvements pourraient permettre de lever plusieurs zones d’ombre. Et d’abord confirmer que la décapitation des religieux a eu lieu post-mortem, comme de premières investigations effectuées sur place l’indiquaient pour trois d’entre eux. « Il va falloir confirmer sur les sept crânes », remarque François Baudoin, l’avocat des familles.

Ces prélèvements pourraient également permettre de déterminer la datation de la mort des moines. « Les experts avaient l’impression que la mort des moines pourrait être bien antérieure à ce qui avait été annoncé. Cela pourrait être expertisé d’une manière très précise avec les prélèvements, s’ils sont exploitables », indique encore François Baudoin.

Les sept moines cisterciens avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas. Un communiqué du Groupe islamique algérien (GIA) avait revendiqué leur assassinat le 21 mai 1996. Mais seules les têtes des religieux avaient été retrouvées sur une route, ce qui avait fait naître des doutes sur une possible implication des services de renseignements algériens ou sur une bavure de l’armée. Les experts français avaient notamment estimé que l’« hypothèse d'un décès entre le 25 et le 27 avril 1996 », soit plus de trois semaines avant la date annoncée dans la revendication du GIA, apparaissait « vraisemblable ».

Avec agences

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