France / Brexit

Brexit: un duel Hollande et Sarkozy pour savoir qui sauvera l'Europe de la crise

Un homme porte un drapeau de l'Union européenne alors que les Britanniques ont voté en faveur du Brexit, le 24 juin 2016.
Un homme porte un drapeau de l'Union européenne alors que les Britanniques ont voté en faveur du Brexit, le 24 juin 2016. REUTERS/Stefan Wermuth

Suite à l'onde de choc Brexit adopté par référendum par les Britanniques, François Hollande reçoit samedi 25 juin après-midi les chefs des principaux partis politiques français. Objectif : établir un plan de bataille pour surmonter cette crise européenne. Parmi eux, Nicolas Sarkozy. Entre les deux hommes, c'est à qui apparaîtra comme le meilleur face à la crise.

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François Hollande est à la manœuvre. Depuis l’annonce du résultat du référendum sur le Brexit le chef de l’Etat est sur le pont. Après une réunion de crise vendredi matin, il a pris la parole pour annoncer son intention de gérer cette situation inédite, notamment en rencontrant Angela Merkel lundi à Berlin pour préparer le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens du mardi 28 juin.

Mais avant cela, François Hollande va discuter durant cet après-midi le marathon de ses rencontres avec l’ensemble des chefs de partis français : dès 14 heures ceux-ci vont se succéder toutes les demi-heures dans le bureau présidentiel, comme cela avait été le cas après les attentats de janvier et novembre 2015.

« L'Europe est soumise à une épreuve et il est normal que le président de la République consulte les forces politiques représentées au Parlement français et européen », explique-t-on à l'Elysée. Il s'agira de « les écouter et de préparer les initiatives que la France sera appelée à prendre avec ses partenaires à la suite du scrutin britannique », explique la même source.

Un référendum sur le Brexit et la sortie de la France de l’Union européenne pour Marine le Pen, la fin de l’Europe des privilèges pour Jean-Luc Mélenchon et pour Nicolas Sarkozy, un nouveau traité européen.

Dans leurs réactions à cette crise européenne, François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont montrés pour l’heure unanimes : il faut que ça change. Pour cela une solution : rapprocher l’Union de ses habitants. « L’Europe, pour aller de l’avant, ne peut plus faire comment avant », déclare François Hollande. Même constat pour le chef de l’opposition : « L’Europe, désormais à 27, ne peut plus fonctionner de cette manière. »

Vers un « sursaut » européen

Dans une allocution solennelle, le président de la République a appelé à un « sursaut » européen pour parer le « choix douloureux » des Britanniques. « L’Europe doit porter des projets et non pas se perdre en procédure. Elle doit être comprise et contrôlée par les citoyens », analyse-t-il. François Hollande a tenté de placer la France au coeur d'un renouveau européen, assurant qu'elle serait « à l'initiative » pour faire face à une situation qu'il regrette « profondément » et qui met « gravement l'Europe à l'épreuve ».

Une vision présidentielle partagée par le chef de l’opposition. « Je demande qu’une réunion de chefs d’Etat et de gouvernement européen prenne la décision d’élaborer un nouveau traité », explique Nicolas Sarkozy qui accusait François Hollande il y a quelques jours encore d'être absent de la scène européenne.

Ainsi, Nicolas Sarkozy veut apparaître comme « force de propositions », un acteur plutôt que spectateur. De son côté, le chef de l'Etat essaie de rassembler au maximum, comme il le fait après chaque crise. C'est à qui sera le meilleur homme dans la tempête. Pour l'instant en tout cas, l'heure n'est pas au duel.

(Avec AFP)
 

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