France / Médias

JO de Rio: les dérapages racistes des commentateurs de France 2 font polémique

L'immeuble de France Télévisions à Paris.
L'immeuble de France Télévisions à Paris. DR

La polémique enfle en France après les propos jugés racistes et colonialistes sur la chaîne de télévision publique France 2 lors de retransmissions de la cérémonie des Jeux olympiques les 6 et 7 août 2016. Des téléspectateurs et le Cran, le Conseil représentatif des associations noires en France, se sont insurgés contre des commentaires qu’ils considèrent xénophobes et discriminatoires.

Publicité

« Les services des esclaves étaient nécessaires... » Le stade Maracana à Rio vibrait aux rythmes brésiliens quand les deux journalistes de France 2, Daniel Bilalian et Alexandre Boyon, lâchent la phrase qui tue : «… le Brésil a utilisé les services de ces esclaves africains qui venaient de l’ensemble du continent africain (…) Le trafic d’esclaves était nécessaire pour le développement industriel ».

Le Cran a vivement réagi à ces « équivoques graves et très maladroites ». Pour son président, Louis-Georges Tin « la cérémonie d’ouverture a été un festival de propos colonialistes. Vouloir minimiser, voir justifier l’esclavage, qui a été un crime contre l’humanité, est scandaleux et relève de l’ignorance. Ce n’est pas la première fois que France 2 commet ces fautes, ce n’est pas la première fois que nous le soulignons, mais rien ne change ».

L’association antiraciste a saisi le CSA, le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui a reçu également des plaintes de téléspectateurs choqués par les propos de France 2. La présidente du groupe France Télévisions, Delphine Ernotte, regrette ces commentaires. Elle recevra le Cran a la rentrée pour évoquer ces dérapages.

Contactée par RFI, la conseillère auprès du président du CSA, Virginie Sainte-Rose « regrette », mais dès lors que la saisine est effectuée, il est compliqué de commenter un dossier en cours d'instruction. Les commentaires, s'il y a lieu d'en faire, peuvent être délivrés à l'issue, c'est-à-dire une fois le dossier examiné par le groupe de travail « Déontologie de l'information et des programmes audiovisuels », puis en assemblée plénière.

« Les Japonais comparés aux mangas »

De « l’utilité de l’esclavage » à la comparaison des Japonais à des petits mangas, les dérapages s’enchaînent en direct quand le consultant de France 2 Thomas Bouhail fait cette réflexion à propos de gymnastes nippons : « On dirait un petit manga, il y a tous les petits personnages qui sont contents (…) On se croirait dans les dessins animés, des petits Pikachu de partout. »

Amplifiées par les réseaux sociaux, les phrases des journalistes de France 2 ne sont pas passées inaperçues pour le président de SOS racisme Dominique Sopo. « Il n'y a pas de rigueur (…). Ces remarques, notamment sur l’esclavage, sont très douloureuses, c’est inacceptable », a-t-il-dit.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail