France / Islam

Polémique sur le burkini: Bernard Cazeneuve appelle à l’apaisement

Bernard Cazeneuve (c) s'adresse à la presse après sa rencontre avec les président et vice-président du Conseil français du culte musulmans, ce mercredi 24 août.
Bernard Cazeneuve (c) s'adresse à la presse après sa rencontre avec les président et vice-président du Conseil français du culte musulmans, ce mercredi 24 août. MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La polémique autour du burkini enfle en France. Le Conseil français du culte musulman s'est inquiété des stigmatisations que pouvaient provoquer ces contrôles. Son président Anouar Kbibech a rencontré en urgence Bernard Cazeneuve ce mercredi 24 août.

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Une vague d'indignation a déferlé sur les réseaux sociaux et dans la presse étrangère après les photos du contrôle d'une femme voilée, mardi, sur une plage de Nice. Lors d’une réunion réclamée par le président du Conseil français du culte musulman, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a appelé à l’apaisement.

« La mise en œuvre de la laïcité et la possibilité de prendre ces arrêtés ne doivent pas conduire à des stigmatisations ou à l’antagonisation de Français les uns contre les autres », a-t-il déclaré.

Ces propos ont rassuré Anouar Kbibech, le président du Conseil français du culte musulman. Il a une nouvelle fois souligné l'attachement des musulmans de France aux valeurs de la République. « Nous avons toujours invité l’ensemble des musulmans et des musulmanes de France à privilégier le dialogue, de tenir compte également de la manière dont leurs actes et leur comportement sont perçus par les autres, rappelle Anouar Kbibech. C’est dans ce dialogue et dans cette sagesse que nous trouverons les bons compromis dans le respect de la laïcité et dans le respect des libertés fondamentales des uns et des autres. »

Le Conseil d'Etat doit statuer

Le Conseil d'Etat doit se prononcer ce jeudi sur la légalité des arrêtés municipaux interdisant certaines tenues de bain. Vingt-six communes ont pris des arrêtés imposant sur les plages le port d'une tenue « correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité ». Si le mot « burkini » n'apparait pas, c'est bien cette tenue de bain qui couvre le corps des chevilles jusqu'aux cheveux qui est visée. Une tenue extrêmement peu portée sur les plages. Sur les photos à l'origine de la levée de boucliers de ces derniers jours, ce sont d'ailleurs des femmes portant un simple voile qui sont verbalisées.

Pour la Ligue des droits de l'homme et le Collectif contre l'islamophobie en France, à l'origine des plaintes devant le Conseil d'Etat, c'est la preuve que ces mesures sont liberticides et discriminatoires. C'est ce que le Conseil d'Etat devra décider dans une procédure en référé en urgence après que le tribunal administratif de Nice a jugé, à deux reprises, ces arrêtés tout à fait légaux.

Pour Sarkozy, c'est une « provocation »

Invité mercredi soir du JT de TF1, Nicolas Sarkozy a répété que le port du burkini était « une provocation ». « Une provocation au service d’un projet d’islam politique, d’islam radicalisé », a-t-il estimé, lors de cet interview.

« Si nous n'y mettons pas un terme, le risque c'est que dans dix ans, les jeunes filles de confession musulmane qui ne porteront pas le voile ou le burkini seront montrées du doigt et seront sous la pression quotidienne de l'entourage », a-t-il mis en garde.

Réagissant à l'intervention du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve qui met en garde contre stigmatisation des musulmans, il a dit sur TF1: « j'entends le ministre de l'Intérieur, "alors la règle il faut l'interpréter", donc cela veut dire qu'il n'y a pas de règle ». « La meilleure façon d‘apaiser les tensions, c’est que soient proscrits tous signes extérieurs d’appartenance à une religion », a-t-il estimé.
 

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